Fourth month

(12/02/13) : Bilan 4ème mois

En ce jour d'anniversaire, un petit bilan s'impose...

Initialement prévu :

Ce qu'il s'est passé en réalité :

Bénéfices/expériences et leçons tirés :

Traversée de l'Outback et séjour à Alice springs.

Traversée de l'Outback du 13 au 17 ; helpX à Glen Helen du 17 au 24 janvier.

L'eau est une denrée que l'on sait rare et précieuse, mais pourtant ce n'est que depuis la traversée de l'Outback désertique que j'ai vraiment ouvert les yeux à ce sujet. Non seulement l'eau potable ne coule pas à flot comme notre confort occidental laisserait à penser mais qu'en bien même il y en ait, elle est souvent bien loin d'être aussi fraîche que celle qui jaillit de nos frigos américains...!

Prendre une douche ou pire un bain sans se soucier des litres inutilisés, qu'elle idée saugrenue n'est-ce pas ? J'ai pu remarquer que 5L d'eau suffisaient à une personne pour se laver (et rincer) entièrement, 5 litres, vous imaginez ??! Et dire que nous devons en consommer 6 fois plus à chaque douche.... à méditer.

6 jours à Adelaïde à chercher du travail ! Après 2 entretiens, 1 essai et 1 rendez-vous, rien de concret : on a mis les voiles vers Melbourne !

Vouloir travailler en Australie lorsqu'on a un planning peu flexible est voué à l'échec dans ce domaine. Cependant, celui qui n'aura pas de réservation de vols et sera apte à rester 1 ou 2 mois dans un même endroit, trouvera du travail assez facilement !

Travailler à Adelaïde pendant 2 semaines.

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Vente du van à Melbourne après avoir posté pendant 1 mois une annonce sur le site du « Leboncoin » local. Bref passage à Melbourne, de façon à procéder à la vente du van et faire découvrir la ville à Clément.

Escale de 2 semaines à Melbourne, vente du van en 2 jours, abolition de toute pulsion liée au travail et retrouvailles des amis du lycée linguistique !

Le comble pour un voyageur c'est de vouloir rencontrer des gens et de devoir les quitter presque aussitôt.

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(03/02/13) : Awesome come back in Melbourne !

Le retour à Melbourne ne pouvait être plus émotionnel. Excitée par l'idée de revenir dans cette ville où je m'étais tant plu et avais rencontré des amis venant des quatre coins du monde, cela signifiait pourtant la fin d'une étape, le départ de l'Australie, les adieux définitifs. Le road trip fini, le van vendu, nous n'aurions plus que nos 2 jambettes pour poursuivre dans les 5 autres pays au programme ! Heureusement nous avons rejoint Melbourne prématurément à ce qui était prévu pour se consacrer à la vente du van et cela m'aura permis d'apprécier pleinement mes derniers moments « à la maison » et c'est peu dire !

 

Quel bonheur de retrouver Melbourne, la ville animée par excellence, mes amis japonnais, italiens, colombiens, français et surtout Bora ma copine coréenne ! C'était un come back des plus royaux, alliant avec perfection ma vie d'étudiante à Melbourne et ma vie de baroudeuse : plage la moitié du temps, restos, soirée avec les potes presque tous les soirs, fête de St Kilda, première expérience en couchsurfing après un passage en backpackers hôtel, cubis de vin, jugs de bière et apéros en bord de rivière, festivals latino et japonnais, journée à Morninghton beach, sieste au Botanic Garden, Nouvel an chinois, french & corean party chez Bora la veille du départ... autant de choses qui vont atrocement me manquer je l'avoue, à commencer par les auteurs de ces bons moments ! Qu'y a t-il de pire en voyage que les adieux ? Hélas tout voyageur sait à quoi s'attendre mais la réalité est toujours douloureuse.

 

Ceci dit, je ne regrette absolument d'avoir avancé notre arrivée à Melbourne pour finalement vendre le van en à peine 2 jours et nous retrouver prématurément à la rue. Un peu inquiets par la vente du véhicule que nous devions effectuer en tout juste deux semaines, nous avons écourté notre séjour peu concluent à Adélaïde pour optimiser nos chances de vendre le van en temps voulu ! Dès notre arrivée à Melbourne, nous avons eu 5 visites d'acheteurs potentiels et avons cédé le van au premier venu avec l'argent en main ! Les billets ont toujours un fort pouvoir de persuasion vous ne trouvez pas ? Mais en bons business man and woman, nous nous sommes accordé 24h de réflexion quant à la proposition de l'acheteur qui nous en donnait $3800 alors que nous avions près de $3900 de dépenses au compteur en y ajoutant mon PV de $220... Que faire ? Nous en demandions quand même $4500 ! Réflexion faite pendant une après-midi plage, nous avons rappelé l'acheteur en négociant de lui laisser notre Toytoy Monster dès le lendemain matin pour $3900 mais sans prolongement de la registration (assurance du véhicule) qui ne coûte pas moins de $700... Contre toute attente, il accepta le deal et conclu l'affaire ! Hélas entre temps, nous avions crevé en pleine ville alors que pendant 3mois, même sur plus de 150km de graviers il n'y avait jamais rien eu de tel et c'est 1h avant la vente, en pleine ville que nous avons changé Toytoy (sans remplacé le pneu crevé j'entends bien) qui faisait tout pour retarder nos adieux... Nous avons donc été finalement bien gagnant et la peine que nous avions à voir ainsi partir notre Monster van, s'est assez rapidement estompée au touché des billets. Quoiqu'il en soit nous étions bien rassuré et léger après avoir officiellement vendu notre cher et tendre.

 

Devenus SDF, nous n'avions pas d'autre choix que le backpackers hôtel à $28 la nuit avec petit déjeuner inclu. Soit, allons nous entasser dans cet hôtel "pas cher" où sur 10 étages règnent plus de 1000 jeunes agglutinés en dortoirs géants. Quel endroit plus propice aux rencontres que le backpack ?? Mais c'est hélas l'anarchie parfaite où celui qui étend son bordel sur le plus de surface règne en maître..au risque de voir certains de ses biens disparaître. Impressionnant de voir comment certains peuvent laisser tout à vu d'œil sans craindre alors que le backpack c'est quand même une sacrée usine où chaque jours, dans chaque chambres, des dizaines de personnes passent ! M'enfin, nous n'avons eu aucun problème pendant nos 3 nuits. Pour ma part j'étais logée dans une chambre avec 3 filles alors que Clément était dans un dortoir de 12 et souffrait davantage de l'insomnie de ses colocataires !

 

Très rapidement, nous avons cherché du couchsurfing afin d'être logés gratuitement, rencontrer d'autres gens et expérimenter autre chose. Nous avons été très chaleureusement accueilli dans une colocation de 6 jeunes voyageurs dans l'âme. L'ambiance ne pouvait être plus friendly c'est certain. Liam, notre hôte officiel nous avait installé un matelas sur sommier au pied de son lit et nous a immédiatement mis à l'aise et autorisé à utiliser tout ce qui se trouvait dans la maison sans exception ! Habitués à accueillir des couchsurfers, des amis ou nouveaux prétendants à la colocation, on compte en moyenne 12 personnes dans la maison et aucun ne déroge à cette ouverture d'esprit ambiante. D'une positive attitude incroyable, je n'avais encore jamais rencontré de personnes si généreuses. Alors que certains payent un loyer, jamais personne ne jugera les couchsurfeurs qui passent une semaine sans payer quoique ce soit ! Zéro tension dans cette grande colocation, ça relève presque de l'incroyable. Notre séjour était parfait, bien que Liam était bien occupé avec la préparation de son show de cirque, il a pris le temps de nous faire découvrir son environnement en nous amenant notamment balader en bord de rivière, mais aussi dans un pub très cosy, un restaurant végétarien caritatif Lentil as anything où nous avons très bien mangé sans payer quoique ce soit et nous offrant un accès gratuit dans la piscine où il travaille. Première expérience en couchsurfing plus que réussie !!

 

Après avoir passé une agréable dernière soirée en compagnie de Bora et une courte nuit de 3h30, c'est en direct de l'aéroport de Melbourne que je vous annonce, le coeur quelque peu serré après des adieux déchirants, notre départ imminent pour la Tasmanie !

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Vidéo ici

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(01/02/13) : Adelaïde, a work stop without work !

Le trajet jusqu'à Adelaïde fut assez banal, quelques centaines de kilomètres à parcourir sans stop intéressant pour dire... si ce n'est une halte à Coober Pedy une petite ville réputée pour son activité minière dans l'extraction d'opales et pour le moins atypique. En effet, les habitations et bâtiments sont semi-souterrains, ce qui signifie que l'entrée s'effectue de façon banale par l'extérieur mais le reste de l'habitation est creusée à même la roche. L'atmosphère qui y règne est particulière, assez sombre et loufoque. J'ai de la compassion pour les quelques 4000 malheureux qui s'y épanouissent.

Après avoir passé 2 semaines dans le désert australien autant dire que le retour à la civilisation et aux commodités qui en découlent furent appréciables !! L'accès à l'eau potable et fraîche, à la douche et à un réseau téléphonique et internet, mine de rien ce sont les bases de la vie (de luxe), n'est-ce pas ? :) Hélas, le soleil était resté à l'Ayers Rock. Et vous n'imaginez pas le choc thermique que cela a été pour nous qui débarquions de 2 semaines durant lesquelles nous avions renié toute couette et drap et suffoquions malgré cela sous les 40 degrés. A Adelaïde, le temps était gris pendant ces 6 jours et comme si cela ne suffisait pas, un vent glacial accompagnait cet amas de nuages. Après avoir ressorti, pull, jean, chaussures fermées et écharpe, j'ai dormi avec un sweat, des chaussettes, la couette évidemment et n'ai même pas profité des douches de plage pour me faire la toilette que j'ai eu le luxe de faire dans l'évier d'un WC public (en bord de plage tout de même!).... Le désert n'était-il finalement pas plus confortable ?! A méditer. Le bon point c'est que le soleil a retrouvé un rythme normal : levé à 6h et couché à 21h, bien mieux qu'un couché de soleil à 19h pétantes !

En arrivant à Adelaïde qui se donnent des allures de petite ville, une chose m'a frappé : le dynamisme ambiant et l'importance du sport. Au fur et à mesure que nous rentrions dans la ville, les infrastructures sportives se multipliaient dans la diversité. De plus, il y avait le jour de notre arrivée une course cycliste à priori de grande renommée et d'énormes vélos fluo gonflables délimitaient les grands axes du parcours.

A l'occasion de cette journée, tous les habitants avaient sorti le vélo, qu'il s'agisse d'un vélo de course, d'un VTT, d'un vélo à roulette, d'un tandem... C'est assez rigolo de voir avec quel entrain les australiens s'investissent dans chaque évènement. Même un spectacle de rue prend des dimensions surprenantes.

Conformément à sa réputation, la ville s'applique à préserver son patrimoine et notamment ses églises qui doivent être au nombre de 6, freiner tout projet lié à la construction de buildings entâchant le paysage et promouvoir ses nombreux vignobles et festivals qui façonnent son image !

 

Ayant prospecté depuis Glen Helen pour du travail autour d'Adelaïde, qui devait constituer une escale-boulot, nous avions en arrivant un essai prévu pour faire du ménage en appartement, le lendemain même de notre arrivée. Cela se passa à priori bien, les managers semblaient satisfaites mais ne nous rappelèrent finalement jamais... et il en va hélas de même, pour les 2 autres entretiens et rendez-vous que nous obtenions pour du baby-sitting, du jardinage ou du fruit picking. Il y a là un abus évident des backpackers qui pris à l'essai par 15aine, constituent de la main d’œuvre gratuite facile à manipuler !! Triste réalité qu'est l'apprentissage de la Vie...

 

Décidément, nous ne sommes conditionnés pour travailler dur qu'en territoire conquit ! Soit. Lassés par cette perte de temps, déçus, presque écœurés et aussi maussade que le temps, nous avons décidé de mettre les voiles sur Melbourne où il est judicieux d'y rester davantage pour la vente du van qui opérera dans....2 petites semaines, glups.

 

Mais avant cela, nous voulions visiter la ville, son très joli jardin botanic, son market central, son port (abandonné) et surtout goûter le Kangourou !!! Des brochettes et steacks hachés à petit prix étaient vendus au marché couvert, verdict...... délicieux, surtout en brochette où la viande est plus tendre et savoureuse qu'en steack haché ! La viande a un goût inconnu mais très bon, que je ne saurais vraiment décrire, d'après Clément il s'agissait d'un goût de beurre, peut être.


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  • #1

    parrain (dimanche, 03 février 2013 21:17)

    Dommage, je pensais que tu prendrais le temps de fouiller les crassiers et terrils de Coober .. L'espoir que tu me ramènes comme souvenir une opale d'une livre s'amenuise de jour en jour ..... snif.....


(30/01/13) : Tjukurpa - Dream time

Fresque racontant l'histoire des aborigènes - Tennant Creek
Fresque racontant l'histoire des aborigènes - Tennant Creek

Les aborigènes, terme commun qui désigne plus généralement ceux dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de leur terre natale, sont les réels natifs autochtones d'Australie. L'isolement de cette population par rapport aux autres populations d'Eurasie daterait d'il y a 50 000 ans. Il s'agit de la plus ancienne culture survivant sur terre !

 

Depuis cette période, les Aborigènes ont développé en autarcie une culture très primaire qui leur est propre, basée sur l'accord avec la Nature. Ils ne chassent par exemple que pour manger. A l'origine, près de 250 tribus aborigènes parlant toutes un dialecte différent étaient réparties sur le territoire, de nos jours plus que 50 sont recensées. Le temps du rêve (Tjukurpa en langue anangu) est le thème central de la culture des Aborigènes d'Australie qui relate de la création du monde, de l'Australie et de ses habitants. Ils se plaisent à retranscrire ces faits sous forme de fabuleuses peintures à base de pointillés très colorés, dont les pigments sont fournis par la roche locale.

 

A l'arrivée des colons au 18eme siècle, ces peuples furent nombreux à subir les ravages des maladies et de l'alcool importés par les Européens avant d'être pour la plupart exterminés sous la résistance, d'autres plus chanceux furent capturés pour être "éduqués" et anglophonisés en vain et servirent donc de guides et esclaves aux explorateurs du lieutenant James Cook. Il faut savoir que ce n'est que depuis 1992 que la légitimité des droits des des aborigènes sur les terres ont été reconnus, en 1996 il leur été accordé l'exercice pastoral et il aura fallu attendre 2007 pour que le ministre demande officiellement pardon pour les maltraitances et injustices dont les aborigènes avaient souffert durant ces deux derniers siècles... Rendez-vous compte ? Cela ne date que de 20 voire 6 années et pourtant nous sommes au 21ème siècle paraît-il... Quelle honte.

 

Lors de notre traversée de l'Outback désertique australien, nous avons été choqués de voir à quel point le territoire reconnu aborigène se distinguait de ses voisins : sur les côtes, les aborigènes sont rares pour ne pas dire absents, mais dès lors que l'on entre dans le bush loin des métropoles, la population se densifie à vue d'œil plus l'on avance dans les terres ! Cela en est troublant de voir qu'encore de nos jours "les blancs et les noirs" ne se mélangent que très peu.

 

A l'heure actuelle, certaines tribus vivent encore dans le bush de la chasse et la cueillette, mais bon nombre d'entre eux sont à présent en ville et errent dans ce 21ème siècle où ils ont été transporté prématurément. Leur regard vide et triste est profondément inquiétant et j'imagine quel désarrois les anime devant cet excès de civilisation. Aux allures de mendiants ils peignent et vendent leurs toiles ou jouent du didjeridoo sur les trottoirs... il n'y a rien de pire pour dénigrer leur talent artistique ancestral. Bien que l'état leur verse une indemnité dont je ne connais pas le montant, leur vie en ville reste très sommaire : une famille aborigène qui dînait à côté de nous à Tennant Creek utilisait le barbecue public et tranchait sa viande avec le métal d'une canette de soda récupérée dans la poubelle du parc ! Loin de leur culture de travailler pour gagner de l'argent, certains vont le matin chasser et restent en ville l'âpres-midi à déambuler sans but. Autrefois, ils faisaient l'inverse et allaient chasser aux heures les plus chaudes et se reposaient à la fraîche. N'utilisant les lances que pour l'affrontement guerrier, ils chassent à l'aide de boomerangs finement façonnés en bois, de différent type et forme (plus ou moins angulaire ou même en croix). Le plus connu des boomerang est le return qui revient à son lanceur, mais il n'était pas le plus utilisé bien que pratique pour éviter la perte à chaque partie de chasse.

 

Leur drapeau est très significatif avec deux larges bandes rouge et noire divisant en part égale le drapeau où repose en son centre un rond jaune-orangé : "Nous, hommes noirs sur la terre rouge, sous le soleil de l'Outback australien".

 

Il y a tellement d'autres choses que j'aimerais apprendre à leur sujet mais j'ai déjà peu osé leur tirer le portrait par peur de les mettre mal à l'aise et qu'il ne voit en moi qu'un touriste de plus intrigué devant la "bête foraine", que je ne me suis pas aventurée à lancer le dialogue, hélas.

 

Les aborigènes sont-ils rancuniers envers les blancs ? Quels sont leurs rapports respectifs vis à vis de l'autre ?

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(25/01/13) : Mère Nature dans toute sa splendeur !

A combien de kilomètres sommes nous du Kings Canyon ? Un peu plus de 200kms ? Environ 2h30 de route donc... A ce propos, est-ce accessible en van ? Parfait. Let's gooo !

 

Hum, PLAÎT-IL ? Qu'étaient-ce ces 150kms de chemin de sable-terreux que nous avons tant bien que mal parcouru ? Jonglant entre 20 et 60 km/h avec de très rares pics de 80km/h, nous n'avons pas mis moins de 5h30 pour faire 200 fichus kilomètres !! Fort heureusement nous avions pu accélérer car les 20-30 premiers kilomètres à 20km/h pour préserver notre van des secousses et éviter la crevaison, furent désespérants. Et j'ai bien sûr profité de l'occasion pour bloquer Toytoy le Monster dans le sable... Oupsi ! Mais il est vrai qu'entre les gravillons et le sable, la route glissait assez pour que ce soit inévitable. Le plus râlant était de voir ces quelques tronçons de 2m² de route goudronnée parsemés avec un profond sadisme tous les 30kms !! WHY ?

Néanmoins ces mésaventures valaient la peine : le Kings Canyon est un site impressionnant. Nous y avons fait une randonnée de 4h à l'aube avant la fermeture de l'accès à 8h du matin pour des raisons de sécurité liées aux températures et nous étions sous le charme du « Canyon des Rois » que j’appellerai plutôt le « Roi des Canyons » ! Surplombant les gorges, la vue était imprenable et époustouflante. Recouvert d'une multitude de dômes érodés et striés par le temps, c'est perdu dans ce champ vallonné et aride que nous déambulions les yeux écarquillés et c'est peu dire ! La beauté du site est multipliée par l'incroyable travail de préservation fait avec une application certaine. Vous penserez peut-être que j’exagère mais je n'avais encore jamais vu de site naturel aussi touristique qui conserve à 100% son authenticité malgré les aménagements facilitant et sécurisant l'accès ! Cela s'explique par la cimentation de quelques passages piétons faite avec les pigments des roches locales, le balisage fléché discret mais pour autant efficace, l'aménagement de passerelles en bois et l'absence de barrière de sécurité en bord de falaise qui auraient complètement dénaturé le site !! Pourtant très à cheval sur la sécurité, les australiens ont probablement compris que protéger chaque bordure de gouffre sur un pareil site anéantirait l'intérêt du lieu et misé sur l'intelligence humaine pour que personne ne les fasse jamais regretter ce choix. Réputé pour y abriter un grand nombre de volatiles, perroquets, rapaces ou petits oiseaux ainsi que des wallabies, nous étions déçus de ne pas en avoir vu. Et ce n'est pas faute de ne pas être partis à leur recherche, en parfaite chasseuse du Black Cackatoo, il n'y a que les lézards Gecko qui se sont exposés à mon Canon...;)

L'Ayers Rock, du nom aborigène Uluru est ce que j'ai vu de plus impressionnant jusqu'à lors. Ce monolithe parfaitement lisse de 348m de hauteur coupe le souffle à une tempête ! Intriguant, consternant, il incarne la fascination à proprement parler et je conçois qu'il soit lieu de culte divin pour les aborigènes. « Peu importe le nombre de photos que vous ayez vu, rien ne pourra vous préparer à la confrontation avec l'Uluru » disait à juste titre notre guide touristique. En effet, le voir au loin c'est déjà quelque chose mais y être debout sur son flanc à contempler chacune de ses courbes ou surfaces lisses est époustouflant ! Ce qui est aussi très intéressant c'est de voir comment en fonction du rayonnement du soleil, le rocher change de couleur et d'apparence. Encore un site de Mère Nature qui mérite son classement au patrimoine mondial. Hélas, le mystère du « nombril du monde » ne peut être décrit ou traduit en photos, seuls vos yeux pourront décrypter ce codage fascinant... Très bien aménagé d'un resort de luxe avec amphithéâtre, supermarché, office de poste, etc (loin de notre bourse en tous cas) et desservi par une route principale goudronnée ainsi qu'un aéroport, je vous conseille et vous souhaite de tout cœur de venir un jour le contempler par vous même !

 

Situé dans le Parc National d'Uluru-Kata Tchuta, le droit d'entrée est de 25 dollars par personne, valable pour 3 jours. Plusieurs randonnées sont accessibles, à savoir : le tour de la base qui dure 4h, un aller-retour d'1h jusqu'au waterhole asséché ainsi qu'une visite de 2h30 commentée par un Ranger qui nous apprend l'origine de la formation géologique du monolithe mais également l'utilisation qu'en faisaient les aborigènes et notamment comment chaque cavité étaient utilisées, en plus d'informations concernant la faune, la flore et le climat local. Commentaires très intéressants et instructifs malgré la rapidité à laquelle notre guide débitait ses paroles !

A 40km de l'Uluru se trouve les Monts Olgas appelée Kata Tchuta qui signifie « plusieurs têtes » en aborigène et fait référence aux 26 rochers qui le compose pour en faire un ensemble presque aussi intriguant que l'Ayers Rock.

Plus de photos ici

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Commentaires : 2
  • #1

    marie (mardi, 29 janvier 2013 21:44)

    super les photos, et les commentaires!!!

  • #2

    parrain (dimanche, 03 février 2013 21:08)

    Bon, c'est sûr, dans ce crénau , ça en impose plus que les Bondons !


(23/01/13) : Working holidays aux allures d'holidays !

Situé au cœur du Parc National de Mc Donnell qui abrite une multitude de sites géologiques classés pas moins de 3 étoiles, Glen Helen était l'endroit rêvé où séjourner. En même temps, vous me direz à juste titre, il n'y avait pas 36 000 resort touristiques à la ronde ! Quoiqu'il en soit, nous avions trouvé Shelagh & Collin, fraîchement inscrit sur le site du help exchange et ne regrettons pas notre séjour. Logés dans notre propre studio, très bien nourris et blanchis au bon vouloir de la machine à laver, nous avions en plus accès à toutes heures à la piscine avec vue sur les Gorges... et en échange de tout cela, nous « travaillions en helpX » en moyenne quelques 2h par jour ! Je vous l'accorde c'était la meilleure semaine que nous puissions espérer en plein milieu de nulle part dans l'Outback australien ! Très sympathiques nos hôtes gèrent avec une énergie folle leur resort comprenant pas moins de 25 appartements, autant d'emplacements de camping sauvage, 6 ou 7 énormes tentes idéales pour les colonies de vacances ou scout, un restaurant voûté très atypique d'une capacité de plus de 150 couverts avec la terrasse avec vue sur les gorges et 7 studios aménagés pour le staff ou les helpers !! Après cet inventaire, il est aisé de comprendre pourquoi Shelagh était constamment en train de courir, Collin aussi d'ailleurs dans le style ranger, mais Shelagh a cette démarche penchée vers l'avant qui lui confère cette allure très pressée. Malheureusement, c'est ce qui nous aura empêché de vraiment faire leur connaissance, le seul moment où nous en avions l'opportunité était le repas, mais hélas l'Open d'Australie qui est une compétition de tennis était diffusé ! Du fait de leur inscription récente sur le site du Help Exchange,

ils avaient du mal à nous confier des travaux et tâches ménagères, il m'est plus souvent arrivé de demander si je pouvais passer l'aspirateur dans la salle de restaurant ou vider les poubelles de recyclage par exemple que de me voir confier une mission, excepté le premier jour, où ils nous ont demandé, tenez vous bien, c'était peut être le pire moment de mon existence.... de nettoyer touuuuutes les toiles d'araignées aussi grosses et touffues soient elles ! Sait-elle qu'en Australie certaines de ces erreurs de la nature, peuvent tout juste vous ôter la vie en une morsure ??! Inconsciente. Comment ai-je pu accepter ça ? Sortie indemne de cette mission, c'est sûrement pour cela que par la suite, j'ai pris les devants et proposé mes services ! HAHA, une fois mais pas deux. Nous avons donc généralement passé chaque matin le balai sur la terrasse, l'aspirateur dans la salle de restaurant, vidé les poubelles de bouteilles et canettes usagées et râtelé les monticules de feuilles mortes sur le sol devant les résidences et accès principaux, ne voulant pas paraître profiteurs de cette situation, nous nous efforcions de trouver du travail pour au moins 2h par matinée ! Certes, ce n'est pas comme si nous ne voulions pas travailler et seulement profiter de l'hébergement et des repas fournis mais en échange nous tenions à honorer un minimum le contrat de help exchange. Cet emploi du temps nous permettait d'être libérés dès 9h30 et donc d'avoir la journée pour balader aux alentours, parfait compromis. Nous partions généralement en randonnée pendant 2heures, rentrions manger et profitions de la piscine pendant les grosses chaleurs. Riche de gorges et d'étendues d'eau appelées « big waterhole », la nature n'a pas arrêté de nous surprendre.

La roche rougeâtre aux reflets mauve nous laissait bouche bée, randonner quelques kilomètres pour se retrouver seuls au pied de cette immensité et y grimper de quelques mètres pour y faire la sieste était royal ! Fort moment de liberté. Ma fascination pour la Nature ne cesse de croître depuis notre arrivée dans l'Outback vous l'aurez compris. Chaque parcelle de terrain, chaque espèce animale a son charme, les petits oiseaux bleu turquoise et vert anis qui volent en bande ont le don de me laisser rêveuse à chaque envolée rythmée par leur mélodie attendrissante mais les dingos, ces chiens sauvages entre félin et canidé au pelage roux et à la queue enroulée que nous avons vu pour la première fois éveillent aussi mon attention. Même la roche m'envoûtait avec ses dégradés de couleurs ocre, rougeâtre, mauve et orange qui fournit les pigments utilisés par les aborigènes pour leurs célèbres œuvres artistiques faites de pointillés multicolores. Le célèbre site d'Ochre Pitts rassemble l'ensemble de la palette de couleur et l'on y voit la roche travaillée et mutilée pour ses pigmentations.

 

Malheureusement, pour entaché ce séjour idyllique, nous avons été les meurtriers d'un adorable bébé kangourou qui probablement effrayé par nos phares a littéralement plongé sous notre roue élancée à 80km/h ! Collision fatale, effroyable moment que de le voir lutter et agoniser quelques minutes. Fort heureusement pour nous, le van Toytoy n'a pas été endommagé, un coriace le petit !

 

C'est rêveuse et excitée comme à chaque départ vers l'inconnu que nous partons maintenant pour le Kings Canyon et l'Ayers Rock pendant environ 3 jours avant de poursuivre notre route vers Adelaïde où nous resterons 2 semaines.


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  • #1

    marie (mardi, 29 janvier 2013 21:43)

    j'ai bien ri en ce qui concerne le passage de nettoyage des toiles d'araignées!!! quand je pense aux cris que tu pousses ici lorsque tu en trouves une microscopique!!!!

  • #2

    parrain (dimanche, 03 février 2013 21:04)

    2 heures par jour multiplié par 6 ( repos dominical) ça fait 12 heures par semaines. Bon plan !


(17/01/13) : 3 001 kms, $800 d'essence, +15 degrés... le désert !

Ces 4 jours de traversée furent une véritable course contre le soleil et la chaleur, forcés de prendre la route à 5h du matin dès qu'une éclaircie faisait jour pour pouvoir espérer rouler « à la fraîche » pendant 4 heures, nous étions rapidement épuisés par ce rythme ainsi que les hautes températures ! Sentant notre détresse, la clim du van a miraculeusement ressuscité le 2ème jour pour notre plus grand confort (moins pour le porte-monnaie) et nous a permis de rouler de 5h à 12h et de 17h à 19h30. Nous faisions donc en moyenne 10h de route par jour, en nous relayant et s'arrêtant quelques minutes à chaque station d'essence de façon à avoir toujours le réservoir plein ainsi que le bidon de secours qui nous aura été bien utile ! La vie dans l'Outback s'arrête net entre 12h et 16h au moment ou les températures sont à leur apogée. Au début très surpris de ne plus voir les quelques âmes qui daignent vivre dans ces patelins isolés, nous avons très vite compris pourquoi et mis en application ce mode de vie : nous flânions dans les rues, allions à la piscine ou à la bibliothèque, lorsqu'il y en avait bien sur (ce n'est arrivé qu'une fois)... le reste du temps les patelins en question ne se résumaient qu'à la station essence faisant office de supérette, toilette publique et cabine téléphonique !

 

Anticipant les températures élevées et les longues distances à parcourir entre chaque « point d'eau », nous avions prévu un bidon de 20L d'eau mais pas réalisé qu'une telle chaleur rendrait cette eau presque aussi chaude que les températures extérieures en question ! Bien qu'elle fut au moins à 35°C, j'en ai bu, Clément avait lui plus de mal. Désespérés nous nous arrêtions à chaque robinet d'eau potable pour avoir ne serait-ce qu'un demi litre d'eau tiède... raté, les canalisations sont brûlantes ! Nous avons donc investi dans l'eau fraîche et je ne reviendrai pas sur le terme investissement étant donné qu'une bouteille de 1,5L ne coûte pas moins de $5 pièce dans le désert !!! L'eau est un trésor que l'on dénigre bien trop souvent et nous en avons hélas fait les frais.

 

L'Outback ou le désert australien représente la véritable Australie que je cherchais, cette terre rouge et sèche qui confère à juste titre son nom au « Centre Rouge » et où l'homme ne prospère que très peu contrairement aux animaux qui y règnent en maîtres. Il est peut-être inutile de vous préciser qu'en 4 jours de traversée nous en avons pris plein les yeux à chaque kilomètres parcourus... Nous avions beau passer des journées au volant, ces quelques jours de voyage représentent un des plus beaux souvenirs que je garderai de l'Australie, cette terre que l'on nous vend comme une île sèche et sauvage, mais qui ne revêt ce masque qu'une fois sorti des villes de grandes renommées sans intérêt. Quitter les côtes australiennes où les surfeurs et débutants dont je ne citerai pas les noms se donnent à cœur joie à chaque vague, pour le Bush, l'arrière pays, c'est comme changer d'époque en quelques kilomètres à peine, voire de continent pour le far west américain !

 

Aux allures de western ces paysages secs et infinis, ne sont bordés que d'une route parfaitement droite et nous laisse systématiquement rêveurs et sans voix.

La civilisation semble radiée des terres d'Outback, non seulement les villages recensés sont limités en nombre, quand bien même ils puissent être qualifiés de tel, les sanitaires sont parsemés de ci de là et la signalisation urbaine laisse quelque peu perplexe : « Pas d'essence sur les 432 prochains kilomètres » « Prochaine aire de repos dans 56kms, planifiez vos arrêts », « Mc Donald a 460kms, ça vaut le coup d'attendre », soit, bienvenue dans le désert ! Ravis d'y être, ce sont les yeux écarquillés que nous contemplions cette diversité de paysages qu'offre l'Outback australien, au fur et à mesure que l'on y pénètre. Qu'il soit jauni par la sécheresse ou d'un vert étonnant en parfait contraste avec la terre rougeâtre dont les craquelures reflètent le manque d'eau, le changement radical de paysages apparaît sous forme de relief ! Dès lors, des collines et crêtes rocheuses donnent du volume à cet horizon rectiligne. Au détour d'un rare virage nous avons même été époustouflés de trouver un champ recouvert de rochers aux reflets dorés et d'un rond uniforme, tombés ici de façon aussi surprenante que la pluie ! Que ce soit les kangourous, les gros lézards à collerette, les émeus, les dromadaires ou vaches sauvages et les road train de 53 mètres de long, ils étaient tous réunis sur notre parcours pour nous souhaiter la bienvenue en terres aborigènes !

 

Derrière cette image de carte postale se cache toutefois quelques points noirs. En effet, la vie dans l'Outback est extrêmement dure du fait de l'aridité, non seulement des incendies des plus contrôlables aux plus ravageurs éclatent chaque jour, mais en plus la sécheresse et le manque d'eau sont frappants : il n'y a pas une seule habitation sans une voire deux citernes d'eau ! Les rivières sont asséchées jusqu'à la dernière goutte et lors du passage de « floodways », que l'on peut traduire par traversée de rivière, il est bien triste de se rendre compte que jamais plus, la rivière qui devait autrefois provoquer de grosses inondations sur la route lors de ses crues, ne viendrait contrarier la vie des autoroutiers ! Les incendies de forêt prennent toutefois le relais. Nous avons d'ailleurs vu de nombreuses reprises de feux sur la végétation déjà carbonisée, en plus d'une mini tornade qui semblait naître des cendres. C'est tout aussi beau à voir qu'impressionnant et inquiétant.

 

La terre des aborigènes où la Nature s'épanouit à son bon vouloir dans le bon comme le mauvais, est d'un mystère fascinant tout comme ses premiers occupants. Après une matinée de route, nous commencions à rentrer dans l'Outback à proprement parlé et les populations aborigènes commençaient à être de plus en plus nombreuses. Après un arrêt à Tennant Creek, ville au cœur de terres aborigènes, nous avons pu les côtoyer et prendre conscience avec tristesse que seuls les blancs faisaient marcher l'industrie et le commerce de la ville pendant que les aborigènes éraient en troupe dans les rues. En plus d'un regard vide, ils paraissent ennuyés et lésés. Intriguée par cela en plus d'être curieuse de connaître les rapports qu'ils entretiennent avec les colons blancs et soupçonnant encore des tendances racistes contre eux, je veillerai à me renseigner à ce sujet...



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Commentaires : 2
  • #1

    marie (mardi, 22 janvier 2013 07:06)

    quel beau récit!! très intéressant de vous suivre ainsi aventure après aventure!!

  • #2

    parrain (dimanche, 27 janvier 2013 20:43)

    C'est un régal de suivre votre périple par l'intermédiare de ce blog que tu sais si bien rendre vivant! ps: le désert est le seul endroit que l'on puisse détruire par la construction !