INDE

Code des voyageurs...

« Ne quitte pas un pays sans connaître dix mots de sa langue, cinq mets de sa cuisine, trois héros de son histoire, deux adresses en or trouvées par toi et une personne à qui tu confierais ton précieux. »

 

YAKA aller voir les baleines...

(édition Bréal 2012)

Contrairement à ce que l'on avait pu entendre, les indiens sont très nombreux à parler anglais ou suffisamment bien pour pouvoir se comprendre. Voici quelques mots que j'ai appris :

 

 

Namaste Bonjour / Bonsoir
Sabcouch milaga  Tout est possible
Tike Ok (utilisé en guise de merci)
 Ha / Nahi Oui / Non
Mera nam Silvia Je m'appelle Silvia
Chalo ! On y va !
Kitne paise hai ?  Combien ça coûte ?

Ap kinse hai ?

Main acha.

Comment as tu ?

Je vais bien.

Tola tola Un petit peu
Garam Chaud 
 Bil kul nahi Absolument pas 

 

 ... en plus de savoir compter jusqu'à 10 et par centaine.

 

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La cuisine indienne n'est pas vraiment variée et très épicée, voici quelques spécialités culinaires qui m'ont marqué :

 

  • Chaï, thé indien à base de lait et d'épices masala (mélange d'épices), un délice !

     

  • Nam / paratha / puri / chapati, autant de pains indien qui peuvent être fourrés aux épices, au poulet ou aux légumes (en Inde il faut comprendre Chili qu'ils utilisent comme un poivron!) ou bien natures. Quoiqu'il en soit ils sont tous aussi fins qu'une crêpe et très bourratifs.

     

  • Pav bhaji est une sauce épicée de Bombay qui se déguste avec un pain très tendre et savoureux telle une brioche ainsi qu'un curd (yahourt) qui apaise les papilles enflammées par les épices.

     

  • Poulet tandoori est incontestablement la recette de cuisine indienne par excellence, mais en réalité il s'agit d'un plat typique du nord de l'Inde. Avec la plus grande des hontes nous avons manqué à notre devoir de parfaits touristes et n'avons pas goûté, trop vite lassés par les plats épicés...

     

  • Longnata, biscuit à base de sucre qui rappelle les gâteaux marocains. Un chaï et quelques longnatas pour un petit déjeuner réussi !

 

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L'histoire de l'Inde compte de nombreuses personnes qui ont voués leur vie pour améliorer les conditions de leur pays, telles :

 

  • Gandhi dit Mahatmah Gandhi, a été un pionnier de la résistance à l'oppression par le biais de la désobéissance civile fondée sur la non-violence. Cet élan pacifiste lancera le peuple indien dans la résistance contre le gouvernement et conduira à l'Indépendance du pays. Gandhi a été reconnu comme le "Père de la Nation" en Inde, son annversaire y est d'ailleurs une fête nationale, on retrouve son effigie sur chaque billet de banque et même le drapeau national a été pensé par Gandhi !!

     

  • Dalaï Lama est reconnu par les indiens de confession bouddhiste comme le plus haut chef religieux et comme l'incarnartion de la compassion. Le Dalaï Lama actuel est originaire de la Chine, il consistue l'autorité spirituelle du Tibet pour lequel il avait été affecté au poste de chef d'Etat du gouvernement dès l'âge de 15ans ! A l'heure actuelle il vit en Inde.

     

  • Mère Theresa représente un modèle de bonté et d'altruisme pour les indiens. Son oeuvre de charité auprès des plus démunis a débutée par l'éducation des enfants des rues et l'ouverture d'un hospice gratuit (mouroir de Kalighat) à proximité du temple hindu de Calcutta. Elle consacra 40 ans de sa vie aux pauvres, aux malades, aux mourants, aux orphelins... construisant de nombreux hospices et centre médicaux, mais également des orphelinats, des centres d'aide familiale, des maisons d'accueil pour les lépreux, séropositifs ou grands malades. A Calcutta, des hôtels religieux en l'honneur de Mère Thérésa sont visibles dans les gares ou lieux publics ainsi que nombreuses effigies à son image.

 

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Deux adresses en or :

  • Bodhgaya est une petite ville très agréable où il fait bon vivre et où il est intéressant d'y apprendre l'histoire de Buddha qui y a atteint l'Illumination

     

  • Le Rajasthan est probablement la plus belle région d'Inde du nord avec ses forteresses toutes plus belles les unes que les autres et ses désert peuplés de dromadaires. L'ambiance y est dépaysante !

 

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1 personne de confiance :

 

Dinu, un ami de Mahendra le directeur de l'école où nous avons été bénévole à Bodhgaya et qui y enseigne aussi en tant que bénévole depuis plusieurs années. De longue ensemble nous avons lié une relation d'amitié inespéré avec un indien natif avec qui on pouvait parler sans retenue de tout, avec une petit bémol concernant la religion étant donné que nous sommes athées !

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Il n'y a qu'en Inde qu'on peut voir des poids lourds rouler à contre sens sur l'autoroute, un berger et son troupeau traverser la route, des sangliers, des chameaux et des singes se balader ensemble dans les rues, des gens faire leurs besoins en bord de route, les véhicules de nos décharges encore en circulation, des bergères voilées rose fluo de la tête aux pieds et une camionnette de 5 places avec 12 passagers... pour tout ça, jadoooore l'Inde !!!

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(du 3 au 11 mai 2013) : Sous le soleil du Rajastan !

L'entrée dans le Rajasthan se remarque très rapidement par les charrettes à chameaux qui tractent matériels de construction ou combustibles, les étranges vaches à bosse qui errent et les klaxons symphoniques qui transforment chaque trajet en circuit de fête foraine...ou presque ! Déjà dans un autre monde.

Partis avec notre chauffeur Kaluram pour 9 jours autour du Rajasthan, nous faisons route vers notre première escale : Bikaner. Aux allures de petit village, Bikaner abrite en fait l'ancien palais du Maharadja de la région !! Pas le temps de souffler que notre chauffeur nous y dépose (ou plutôt nous éjecte oui) juste avant la fermeture des portes d'accès... Le palais est splendide : des cours intérieures, des couloirs ajourés et finement sculptés, du marbre et des dorures à tout va, autant de signes de richesse qui nous transportent aux milles et une nuits ! La visite finie nous rejoignons l'hôtel et quel hôtel !! Accueillis comme des Maharadjas, on nous porte nos sacs, l'hôtel scintille presque autant que le palais de la ville, le restaurant situé dans la cour intérieure en jette, quant à notre chambre elle est assez spacieuse pour y danser la macarena que ce soit dans la salle d'eau ou la chambre !! Wahou.

Une nuit de sommeil confortable bien qu'encore trop courte et on reprend la route direction Jodhpur, mais avant faisons escale au temple des rats ! Euh.. est il impératif de s'y déchausser à l'entrée ? Seriously ! Glups. Allez, on s'approche timidement, jette un œil prudent et cherche une des 3 souris blanche qui se sont incrustées dans ce royaume où rats malades et puants grouillent. Sous un fredonnement enjoué de "souris verte", la souris blanche signe de chance n'aura pas pointé son museau devant moi, probablement inquiète de finir comme sa congénère qui courrait dans l'herbe... Une fois sortie du temple elle fit de l'œil à Clément, le chanceux ! Kaluram aux commandes on repart sur les starting block ! Jodhpur, ou la ville bleue, préserve en son centre un marché immeeeense et le mot est faible, le cœur de la ville tout entier est un marché !! Les stands d'épices foisonnent conformément à la réputation de la ville. Impressionnant. Logés à proximité on y flâne à la "fraîche". Le soir on dîne sur le toit de l'hôtel avec l'une des plus belle vues du fort de la ville. Illuminé, le spectacle est magique, depuis notre terrasse de bambou on oublie être en Inde. Au petit matin, on visite le fort avant de rejoindre Udaipur mais nous sommes vraiment déçus, la visite coûte extrêmement cher et pourtant le parcours est très court et limité. Quelle arnaque !

Udaipur la ville dite "romantique" nous plaît davantage. On y reste 2 jours, se balade dans les ruelles autour du temple Jagdish situé dans notre quartier, à proximité du fort de la ville bien différent de celui de Jodhpur ! Richement décoré de mosaïques en miroir et vitraux colorés qui dégagent une atmosphère particulière, le palais est un vrai labyrinthe, il doit y avoir proportionnellement 5 pièces pour chaque membre de la famille, on s'y perd, les couloirs étroits à taille humaine n'aident pas... Un palace dont le Rajasthan a le secret : riches ornements décoratifs, style oriental, jardins moghols et différents dégradés de marbre, font toute la splendeur de la forteresse !

 

On se promène au bord du lac, s'attable dans une petite échoppe et là on rencontre une famille originaire de Bombay qui s'installe à côté de nous sur 3 tables... Quelle rencontre époustouflante ! Ils nous abordent, nous échangeons quelques paroles puis nous proposent de les rejoindre. Comment refuser ? Sur les 4 générations présentent tous semblent enchantés de nous voir ainsi débarquer à leur côté ! On fait connaissance, ils nous offrent un plateau de la spécialité de Bombay qui restera l'un de mes plats préférés du pays, nous invite au mariage d'un de leur cousin le soir même et au bout de 10 minutes Deepali, la jeune fille de notre âge nous laisse ses coordonnées et on se dit adieu avant de se voir offrir encore une glace, décidément ! Ce sont ces rencontres spontanées qui durent peu longtemps et sont finalement les plus intenses, la magie du voyage m'étonnera toujours. Rien n'est plus beau que ces instants là. Nous n'irons pas au mariage pas peur de parraître de trop et en décalage total, mais comme on dit c'est l'intention qui compte et c'est déjà beaucoup !

Après s'être baladé à dos d'éléphant dans la jungle thaïlandaise, nous expérimentons la trek à dos de chameaux dans le désert du Rajasthan à Pushkar. Nous chevauchons l'animal à bosse pendant 1h30 avant de rejoindre le spot où nous allons passer la nuit à la belle étoile dans le désert. Nos guides nous concoctent un dîner made in desert avec notamment des miches de pains cuites à même la braise et les cendres du feu de camp ! Expérience unique. Au petit matin (à 6h), il fait déjà très chaud, ni une ni deux on équipe Johnny mon dromadaire que j'appellerai Camelito ainsi que celui de Clément et on repart vers Pushkar en traversant la montagne cette fois. Le trajet retour est moins agréable car les chameaux ne cessent de courir et il n'y a rien de pire pour se tasser les muscles du dos, j'aurais eu mal pendant au moins 5jours...

D'inoubliables souvenirs plein la tête et nous voilà partis pour Jaipur, la ville rose d'Inde. Le somptueux palace Hawa Mahal du centre ville est impressionnant par sa taille et son rose uniforme ! La célèbre façade aux multiples fenêtres laisse bouche bée, mais hélas des échafaudages de bambou recouvraient l'ensemble. Le musée intérieur est intéressant mais cela n'a à mes yeux rien à voir avec le fort d'Amber situé à 10kms du centre ville dont la splendeur du Rajasthan est entièrement représentée !! Encore plus immense que tous les autres que l'on a vu, cette forteresse haut perchée est une merveille. Dressée à flan de colline de façon à dominer le lac dans lequel se reflètent ses remparts, aussi nombreux et imposants soient-ils. Certains remparts se prolongent même sur les crêtes des collines voisines et viennent entourer l'édifice dans un semblant de muraille de Chine !

Non loin de Jaipur se trouve le temple des singes où Kaluram veut nous amener. Adossé à la falaise, le temple dispose de bassins alimentés par une source naturelle où les pélerins viennent se baigner. L'eau est toutefois de couleur suspecte ! Un peu plus haut se trouve le bassin des singes où ils s'adonnent avec joie à patauger et batifoler dans l'eau ! Bien qu'ils aient l'air plutôt agressifs, les regarder faire est très amusant. En suivant les marches incalculables qui monte à flanc de colline, on arrive sur un autre temple qui n'a aucun attrait particulier si ce n'est la gardienne qui s'empresse de venir nous alléger de quelques pièces de donations après nous avoir seulement présenter les dieux du temple... la vue sur Jaipur est davantage intéressante, on y voit jusqu'à 70kms !

Ce séjour "dans la peau de riches" avec chauffeur privé, hôtels de luxes et personnels à nos soins, nous a ravis. Pris dans notre rôle de flemmards fortunés, nous n'avons pas hésité à appeler la réception de l'hôtel depuis la chambre pour connaître le code du wifi, demander une double ration au petit déjeuner... on s'y croyait, on s'y croyait ! :) Kaluram ne parlait pas très bien anglais et pourtant nous avons bien pu faire connaissance avec notre petit blagueur de chauffeur avec qui nous adorions les pauses chaï (thé indien) ! A vouloir faire les riches, il fallait bien lui laisser un pourboire conséquent : 1000 roupies pour notre ami qui nous a d'ores et déjà invité à passer chez lui 5 jours tout frais payés pour notre "voyage de noces".... HAHA, quand je vous disais qu'il aime blaguer ;)

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(du 26 au 2 mai 2013) : En route vers la capitale...

Levés à 3h du matin, Dinu et un tuk-tuk nous attendent devant l'hôtel pour nous emmener à la gare de Gaya. Suite des aventures sur la route en direction de Delhi la capitale ! Pour l'heure nous partons pour Vanarassi en train, pas moins de 5h de route. Il va falloir prendre notre mal en patience ! Voyager en train en Inde c'est comme goûter les spécialités culinaires, c'est une immersion dans la culture locale, mais hélas l'un comme l'autre sont aussi durs à digérer quand on n'y est pas habitués...

L'arrivée à Vanarasi est comment dire, suffocante : le thermomètre affiche +5 degrés par rapport à Bodhgaya. Il fait minimum 45 degrés les amis, impossible de sortir de l'ombre, le soleil brûle vraiment ! Fatigués du trajet insomniaque nous nous écroulons sur le lit. Le soir, nous réservons un bateau mouche pour la cérémonie sur le Gange. Le Gange arti est un rituel qui a lieu chaque jour au lever et coucher du soleil afin de célébrer l'eau sacrée du fleuve. Embarqués avec notre guide personnel qui a un peu de mal à ramer, nous voguons 1h sur le fleuve et contemplons la cérémonie après avoir - en parfaits touristes que nous sommes - déposé une bougie sacrée sur la surface de l'eau. Le nombre de bateaux est impressionnant, d'autant plus qu'ils sont tous remplis au maximum ! Le spectacle est très cérémonieux, face au fleuve, des danseurs agitent des torches enflammées en guise d'offrande à la déesse Gange. Les bénédictions de la divinité ainsi célébrée se répandent alors sur ses fidèles qui accompagnent le rituel de chants arti.

 

Se balader sur les rives du Gange comme nous le faisons le lendemain est très appréciable malgré la chaleur. Les berges du fleuve sont recouvertes de marches de pierres appelées ghâts et permettant aux dévots hindous de descendre au fleuve pour y pratiquer ablutions. Les façades des bâtisses longeant la rive ont un côté méditerranéen auquel s'ajoute un style oriental avec quelques temples et forts haut perchés. Vraiment magnifique. Le fleuve constitue un élément très important dans la vie quotidienne des habitants, on les voit laver leurs vêtements avec acharnement sur les pierres plates aménagées à cet effet, mais aussi se baigner voire amener le troupeau se rafraîchir, oui oui. Le matin à l'aube, nombreux sont ceux qui viennent se baigner et prier dans le Gange qu'ils considèrent comme une déesse. En ce qui concerne la ville en elle même, nous l'avons trouvé très sale. Déjà lassée par la cuisine indienne assez redondante et épicée, l'état des rues et les odeurs qui vont avec me dégoûtent au plus haut point. Les ruelles sont bien plus jonchées de déchets et excréments qu'à Calcutta et Bodhgaya.

En fin d'après midi nous partons pour Agra, la ville de l'Amour. A l'arrivée du train en gare, surprise : aucun numéro de wagon n'est précisé sur notre billet, bizarre... On rentre dans le premier que l'on voit en ayant en tête de demander au contrôleur qui nous précise spontanément et sans sourire qu'il ne s'agit pas de notre place « Vous êtes en WL (liste d'attente) » ! Ahah... et dire que cette fripouille d'agent de voyage nous a sucré des commissions là dessus !! La haine nous envahit. Finalement après un défilé de 5 ou 6 contrôleurs on nous attribue une couchette.... hélas une seule pour deux !! La galère..... 10h à deux sur une couchette je vous laisse imaginer. Et en plus on est dans le wagon le plus turbulent, ça rentre, ça sort, ça court, ça crie (euh non ça huuurle), ça allume la lumière, bref, ça ne connaît pas le RESPECT dans ce wagon !! Il est minuit et alors ? Pire qu'au bazar, on te vend du thé, un 3ème œil de Shiva sur le front, de l'eau, des chips, un coussin pour dormir (pas besoin, avec tout le bordel que vous faites je ne pourrais pas dormir de toute façon!) et j'en passe, ça n'arrête pas !!! Vu la compréhension dont fait preuve le personnel du train, on squatte une deuxième couchette en sachant pertinemment que son propriétaire arrivera dans la nuit ou 2h plus tard comme c'est le cas... mais on n'hésite pas à déménager de wagon pour deux ou trois heures de sommeil de plus avant d'être contraints de rejoindre notre adorable couchette à son tour squattée par une dame qui n'aura daigné libérer la place qu'après quelques mots en hindi étonnamment bien prononcé !! La lassitude peut faire des miracles.

Arrivés tant bien que mal, nous trouvons un hôtel accessible à notre bourse, tout en étant situé juste en face du Taj Mahal. Le soir c'est depuis le restaurant sur le toit que nous contemplons le mausolée construit en marbre blanc par l'empereur moghol Shât Jahân en mémoire de son épouse Mumtas Mahal décédée pendant l'accouchement de leur 14ème enfant. Dans un pays où la femme n'est vraisemblablement pas aussi extraordinaire que la gente masculine, il est à la fois choquant et touchant de voir une telle preuve d'amour envers sa femme !! C'est d'ailleurs probablement ce qui fait le charme de l'édifice, sans son histoire le Taj Mahal ressemblerait à un riche petit palais mais le fait qu'il s'agisse d'un tombeau donne une toute autre allure au mausolée ! L'entretien des jardins est cependant décevant, en plus du fait que l'on nous demande sans arrêt des pourboires pour déposer les chaussures ou garder la caméra qui est interdite, alors que l'entrée touriste (international) est à 750 roupies contre 20 pour les indiens (locaux et riches familles du sud confondus)... BREF.

Le fort rouge de la ville est aussi très impressionnant et vraiment immense. Construit entièrement en marbre jusqu'aux remparts et fortifications, la partie principale est en marbre rouge tandis que le patio et l'autre partie sont en marbre blanc auquel s'ajoute quelques dorures qui manquent au Taj Mahal. Le fort offre une vue sur le mausolée et c'est d'ailleurs dans une des tours du fort que l'empereur a été enfermé par son fils auquel il avait demandé une cellule d'où il pouvait contempler l'édifice en l'honneur de sa femme. Son fils n'a visiblement pas accepté que son père entreprenne la construction d'un second mausolée en marbre noir sur l'autre rive de la rivière en face du Taj Mahal pour y être enterré...

 

Ayant loué un tuk-tuk pour faire la visite de la ville, nous demandons à notre chauffeur de nous amener le lendemain matin à 5h à la gare pour aller à Delhi. Hélas on ne sait pas pour quelle raison il ne viendra pas mais comme nous sommes des Blancs-becs-à gros-sac-à-dos en Inde, en l'espace de 15 minutes d'attente devant l'hôtel, près de 6 chauffeurs nous proposent de nous amener et 2 attendent avec nous ! On rejoint donc en temps voulu et sans problème la gare. Premier trajet en classe SS et on comprend très vite pourquoi elle est réputée inconfortable... Ayant encore en mémoire notre dernier trajet en classe sleeper je me dis que cela ne peut pas être pire. Bien que nous ayons une place assise chacun, au cours du trajet, des troupeaux de passagers clandestins viennent envahir les allées, s’assoient les uns sur les autres et s'entassent contre nous... Le train est bondé et le vacarme qui en découle empêche le plus incontinent du sommeil de dormir ! En face de nous un couple marié visiblement issu de familles modestes du sud de l'Inde qui connaît les joies du mariage choisi a l'air de compatir à notre inconfort. Il est tellement inhabituel de voir des couples montrer leur amour (quand il y en a) que les voir ainsi proche, constamment à se câliner, rire et être complices était vraiment attendrissant. Quelques sourires échangés nous auront progressivement amener à converser brièvement.

Nous voilà dans la capitale indienne... qui est tout à fait immonde ! Des bâtisses délabrées de partout, des enseignes à foison, rien d'attrayant, aucun intérêt visible au premier abord. Et nous y restons 3 jours ! Ayant récupéré quelques adresses d'hôtels bien situés et raisonnables en prix, nous demandons à un tuk-tuk en vélo de nous y amener, une fois la horde de taxi minibus repoussée. N'ayant pas pour habitude de prendre le vélo tuk-tuk à cause du poids de nos bagages, il m'est difficile d'apprécier le trajet en voyant notre chauffeur peiner à nous porter. Ceci dit, comme nous disions avec Clément, ce n'est pas en refusant de prendre ce type de tuk-tuk pour préserver ces chauffeurs que ces hommes arrêteront de faire ce boulot, il vaut peut être mieux, non pas les encourager mais les récompenser pour leurs efforts indéniables (il suffit de les voir pédaler pour comprendre) ! Notre hôtel se trouve dans le main bazar, une rue visiblement très prisée par les backpackers. Malheureusement, notre chauffeur a du mal à trouver et cherche à nous amener dans les hôtels les plus luxueux de la ville. On a beau croiser de nombreuses guest house, le quartier ne nous plaît toujours pas. Alors que notre chauffeur s'arrête demander la route, un homme s'incruste et nous dit de prendre un tuk-tuk motorisé en prétextant que notre chauffeur nous demandera 700 roupies contre 10 seulement pour l'auto. Parfaitement conscients que cela est faux, nous déménageons quand même sans savoir pourquoi et payons notre chauffeur pour le chemin parcouru. L'auto-rickshaw nous amène d'abord récupérer une carte de la ville dans un office de tourisme qui comme d'habitude n'est rien d'autre que l'agence de voyage du cousin et avant de ré-embarquer nous propose de nous amener dans un hôtel à 1000 roupies la nuit ou de reprendre notre tuk-tuk vélo et rejoindre notre hôtel à bas prix. Énervés de s'être encore fait avoir comme des débutants et d'avoir abandonné notre chauffeur, nous repartons avec lui et jusqu'à destination cette fois. On ne nous empêchera pas de soupçonner qu'un réseau se cache derrière cette organisation, surtout quand on voit comme notre chauffeur en vélo n'a pas bronché d'un sourcil alors qu'on lui volait ses clients.

 

Logés en plein cœur de la ville, probablement dans le refuge à touristes où boutiques souvenirs foisonnent, nous en sommes contents. Nous passons une journée à fouiner dans les boutiques et prendre du temps pour se relaxer car les trajets en train ajoutés à la fatigue du voyage nous ont vidé ! On fait le plein de souvenir, histoire d'alléger encore un peu plus nos sacs à dos. L'ambiance de la rue est propice à cela. Le soir nous allons dans un bar dont l'odeur de bière rappelle à Clément les pub irlandais qu'il fréquente à Toulouse et je me fais même tatouer au henné sur la cheville... bien commencé, mon tatoueur n'aura rien trouvé de mieux que téléphoner pour littéralement gâcher la finition !! Dommage.

Le lendemain nous partons visiter la ville et louons un tuk-tuk pour 5 heures de tour. Pour débuter la journée de visite, la grande mosquée Jama Masjid à entrée gratuite nous demande pas moins de 300 roupies par appareil photo, caméra et téléphone portable ou nous propose soit de les confier à notre chauffeur qui pendant notre visite aura déjà fait 3 fois le tour de la ville pour les vendre soit de les laisser à l'entrée afin d'être surs de ne jamais les retrouver étant donné qu'ils n'ont pas de casiers. Scandalisés par cette illogique, coincés et offusqués par le guichetier de l'entrée qui ne prend aucune demie-mesure pour se ficher de nous, nous partons malgré l'intérêt que semble présenter cette mosquée. Non seulement il s'agit de la plus grande mosquée de l'Inde pouvant accueillir 25 000 personnes mais en plus son style architectural est présente des différences intéressantes par rapport aux autres mosquées de quartier et cela attire notre attention. Ayant encore une journée devant nous, nous décidons de revenir le lendemain sans les appareils.

 

Nous partons visiter le temple Laxmi Narayan qui lui aussi requiert une architecture particulière qui nous intrigue. De couleur ocre et grenas, ce temple hindu qui a été inauguré par Gandhi en personne à condition que toutes les castes soient autorisées à y pénétrer, est richement orné et décoré de sculptures, peintures, fresques et ornures colorées ou dorées. Il est l'exemple même de l'architecture classique des temples du nord de l'Inde : le hall précède la chapelle principale, elle-même surmontée d'une tour et un parc ombragé entoure le temple pour permettre aux fidèles de s'y promener.

 

Ressemblant à notre Arc de Triomphe, l'India gate constitue le monument qui symbolise l'indépendance du pays. L'arc est situé en face du gouvernement dont le quartier est très militarisé. Le temps d'un arrêt photo (le site n'a pas pas plus d'intérêt), en plus de l'achat d'une bouteille d'eau et de glaces, un enfant s'approche et nous demande 2 roupies pour les bracelets avec prénom qu'il fabrique. Discrètement je lui dépose le montant dans sa panière mais ne réclame pas le bracelet qu'il pourra revendre à quelqu'un d'autre. Sauf.. qu'il me rattrappe en prétextant ne pas vouloir ne rien me donner en échange. Je lui donne mon nom, il commence le bracelet très minitieusement et joliment pendant qu'une horde d'enfants du même âge s'attroupent autour de nous, certains proposent les mêmes bracelets, d'autres des portes-clés, du hénné, etc... Et zut ! Le pire c'est que nous sommes en train de manger des glaces et déjà qu'en temps normal je déteste manger un biscuit devant un enfant, quand il s'agit d'enfants pauvres c'est atroce. L'erreur serait pourtant de leur donner. Dur paradoxe ! Le bracelet fini, on retourne vers le tuk-tuk mais le petit nous suit et me demande en fait 2 roupies par lettres !!! Jamais cela ne me servira de leçon, les 3 fois où on a voulu donner un pourboire ou une pièce à un mendiant on nous a réclamé plus !

 

Le corps du Mahatma Gandhi est enterré au Raj Ghat, un très joli parc, très bien entretenu et tellement agréable que nous envisageons d'y revenir le lendemain pour y écrire. Le tombeau de marbre noir se situe à ciel ouvert au cœur du parc dont l'accès est délimité par un un chemin en pierres. A proximité nous visitons un musée consacré à la vie de Gandhi et même si nous ne pouvons pas aller jusqu'au bout à cause de notre chauffeur qui attend depuis déjà 2h, j'apprends de nombreuses choses pendant cette visite !! Nous reviendrons de toute façon le lendemain et finirons la visite du musée.

 

De retour dans le quartier de Pahar Ganj où se trouve notre hôtel, nous profitons de la fraîcheur du temps en fin de journée pour nous promener dans les rues à la recherche de quelques souvenirs qu'il nous manquent encore et faire du lèche vitrine (on y prend goût, dans une semaine tout sera hors de prix). Dans la rue, un homme nous accoste au sujet des drapeaux indiens que l'on vient d'acheter, banal, mais comme tout bon indien qui se respecte il nous demande où nous sommes logés, où nous allons après, etc, et nous propose quelque chose évidemment ! Il connait apparemment une agence qui pourrait racheter nos billets de train que nous avons déjà tous en poche jusqu'au retour à Delhi et nous proposer un tour dans le Rajasthan... Clément est intrigué par la proposition et veut en savoir plus. Conscients de la pertinence de leurs arguments en ce qui concerne l'inconfort, la perte de temps et la fatigue que représentent tous ces trajets en train, notamment en ce qui concerne le trajet jusqu'à Bombay et intéressés par le tour de 9 jours où l'hébergement, petit déjeuner, transport avec chauffeur privé, safari à dos de chameaux et nuit dans le désert qu'il nous propose de faire dans le Rajathan, nous acceptons malgré le coût qui dépasse largement notre budget.

 

Notre départ de Delhi est donc avancé au lendemain matin 6h au lieu de 17h. Nous ne retournerons donc pas à la mosquée et au Raj Ghat mais nous ne regrettons pas, ce tour nous fait vraiment envie !

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Commentaires : 2
  • #1

    arnal marie (lundi, 13 mai 2013 22:42)

    merci de nous faire partager vos aventures indiennes!! passionnant!

  • #2

    Mohamed (mardi, 14 mai 2013 18:50)

    Ce récit est vraiment un délice. Je suis malheureusement obligé de me réveiller. C'est bon, parfois, de s'évader. Je comprends très bien votre soif d'ailleurs et de découverte.
    C'est vraiment prenant! Portez vous bien , tous les deux.
    A bientot


(du 16 au 25 avril 2013 ) : Bénévolat à l'école Lord Buddha

Trouvé par l'intermédiaire du blog de Froggy qui évoquait une demande de bénévolat dans l'école Lord Buddha à Bodhgaya, nous étions en contact depuis quelques mois avec Mahendra, le directeur. Engagés pour 10 jours, nous ne serons restés qu'une journée et demie à Calcutta avant de rejoindre l'école à quelques 300 kilomètres de là.

 

Bodhgaya ou la ville aux milles temples bouddhistes, que ce soit japonnais, chinois, thaï, tibétain ou birmans, les communautés bouddhistes du monde entier y ont construit des temples ou des monastères dans le style de leur pays ! Mais Bodhgaya est surtout connu pour le temple Mahabodhi situé sur la place centrale où Buddha a atteint l'Illumination après avoir passé 6 années à méditer sur la montagne noire qui surplombe la ville. Autant dire que la ville est un lieu saint pour les Bouddhistes et connu à l'internationale !

 

Quant à l'école Lord Buddha Charitable School, il y a 2 ans qu'elle a quitté Bodhgaya où de nombreuses écoles gouvernementales et privées sont déjà implantées, pour s'installer près du village de Sujata à Choraha village et ainsi offrir à des enfants la chance d'accéder à l'éducation. Le village en question est à seulement 15 minutes de Bodhgaya en moto mais les habitants sont relativement pauvres et ne possèdent aucun véhicule motorisé pour se permettre un tel déplacement qui représente 1h de marche à pied. Grâce au financement d'une association française basée à Toulouse, un petit bâtiment avec deux classes a pu être construit pour pouvoir accueillir déjà plus de la moitié des 80 enfants du village ! Fière de voir que des associations françaises s'impliquent de la sorte, même s'ils n'ont financé « que » les locaux, ils veillent au développement de l'école et font le déplacement 3 fois par an, profitant de cette occasion pour fournir cahiers, stylos, etc. Pour le reste, Mahendra se charge de trouver des donateurs par le biais du site internet notamment et grâce aux donations il a notamment pu acheter de quoi fabriquer des bancs et tables d'école, mais également des costumes et du matériel scolaire... N'hésitez donc pas, 50€ à peine représente presque un mois de matériel scolaire pour eux !! A bons entendeurs.

 

Arrivés en gare à 5h30 du matin, Mahendra nous y attendait. Venu en moto nous le suivons en tuk-tuk et découvrons peu à peu la vie en campagne : des gens qui font leurs besoins sans pudeur dans les champs ou en bord de route, les bœufs qui errent à leur bon vouloir dans les rues en quette de nourriture (déchets), l'activité agricole qui débute dès l'aube en famille et les routes visiblement défoncées au marteau-piqueur (vu l'état, rien d'autre ne peut être envisageable) ! Il nous emmène jusqu'à l'hôtel, nous propose de nous reposer pour la journée mais nous avons déjà en tête d'aller à l'école. Une « nuit de sommeil » saccadée et inconfortable ne nous empêchera pas de faire la rentrée scolaire !

 

Une 50aine de bouts de chou entre 5 et 13 ans nous accueillent avec un mélange d'intrigue et d'admiration dans leurs regards et sourires. Adorable. Je m'y plais déjà ! Mahendra nous présente aux enfants après la prière collective et l'hymne national avant le début des cours et s'en va se reposer, il ne fera pas cours ce matin étant donné qu'il s'est levé tôt pour venir nous chercher à la gare de Gaya, à 40 minutes de Bodhgaya. Le problème c'est que nous nous retrouvons seuls, chacun dans une classe de plus de 20 élèves et que les deux adultes présent qui se prétendent instituteurs ne parlent pas anglais et sont davantage là pour mener la garderie à la baguette, et c'est peu dire vu le bout de bambou qui leur sert de baguette et qu'ils agitent pour « résoudre » le moindre problème !! On est donc seuls face à des gamins que l'on ne connaît pas et qui nous testent pour faire connaissance... Gros foutoir. Tout le monde est debout, soit dans la classe, soit sur les tables. Les filles insistent pour me faire une tresse et sont fascinées par mes bracelets qu'elles adorent toucher alors que je leur explique une leçon (évidemment les jours suivant je n'en aurais pas un seul !). Au cours de cette matinée, nous aurons malgré quelques troubles fête indisciplinés, pu évaluer le niveau linguistique général, évidemment tous les niveaux sont représentés. Certains sont scolarisés depuis quelques années, d'autres depuis peu, certains sont studieux, d'autres distraits, certains ont envie d'apprendre, d'autres ne pensent qu'à jouer et pourtant, j'apprends de chacun d'entre eux ! La majorité sait déjà compter jusqu'à 100 en anglais, faire des additions, soustractions, multiplications et divisions et connaît l'alphabet mais certains ne savent pas reconnaître les chiffres et lettres qu'ils ont appris sous forme de chansonnette.

 

A la fin de la matinée de cours, c'est à dire vers 10h, Dinu, un ami de Mahendra vient nous chercher à l'école. Hourra, il parle anglais ! Très sympathique, on lui raconte la matinée autour d'un plat local. Étant donné l'emploi du temps chargé de Mahendra entre ses cours en école privée et son statut de directeur de l'école Lord Buddha, nous ne le reverrons qu'à 3 reprises pendant notre séjour.

 

Nous resterons la plupart du temps avec Dinu avec qui nous nous lierons d'amitié ! Il nous fera visiter quelques temples dont le plus célèbre, nous montrera l'arbre Bodhi où Bouddha a atteint l'illumination, nous fera visiter son village, à savoir Sujata dans lequel il fait guide sous réservation (il s'agit de sa seule ressource financière) et nous aurons pour habitude de prendre notre chaï sur la place centrale.

On se promène dans le village, on va au temple hindu où Sujata, une femme qui a apporté du lait de riz à Buddha qui ne s'alimentait pas, on visite la ruine de l'immense stupa du village qui est très impressionnante quand on s'imagine la taille qu'elle devait faire et on rencontre à plusieurs reprises la famille de Dinu composée de ses parents, ses 4 sœurs et de sa nièce et son neveu ! Ils vivent dans une maison très vieille et même carrément en ruine et pourtant tous semblent heureux, les filles sont bonnes élèves et ambitieuses et rêvent d'être prof ou préfète de région et la petite dernière de 2 ans et demi semble suivre leurs pas et parle déjà un peu anglais en plus d'être incontestablement éveillée et avancée pour son âge !

 

Les deux bénévoles françaises qui nous ont précédé et sont parties deux semaines avant notre arrivée, avait appris aux enfants les parties du corps humain, comment se présenter (prénom et nationalité) ainsi que les couleurs, les mois et les jours de la semaines. En ce qui nous concerne, nous commençons pendant quelques jours par corriger certaines lacunes à savoir la distinction des chiffres et lettres mais également la rédaction de certaines lettres comme K, F, Y et surtout le G que la graaande majorité m'écrivent à la Picasso ! Ayant choisis la classe des plus petits (et plus nombreux), le niveau est moins avancé et captiver leur attention de 7h à 10h est un défis ! Chaque matin, je commence par l'alphabet : chaque enfant écrit l'alphabet sur son cahier, vient me le montrer, je les fais réciter et si besoin leur demande de recopier sur une ligne les lettres les plus déformées... après quelques jours leur alphabet était exemplaire, en lettre capitale comme minuscule ! Vient ensuite la partie mathématiques (mon dieu quelle souffrance) où les enfants écrivent les chiffres jusqu'à 100 puis les tables de multiplication (que je ne sais toujours pas au delà de 6...), avant de passer dans la pratique. Attention, grand moment dans ma carrière, je leur donne des additions (que j'écris sur le tableau que j'ai acheté pour la deuxième classe qui n'en avait pas), jusque là tout va bien, certains oublient juste les retenues mais je sais corriger ça et veille à leur faire comprendre malgré l'obstacle de la langue. On passe aux soustractions et là je ne sais déjà plus faire..... HONTE SUR MOI. Heureusement, je crois qu'eux étaient particulièrement doués en la matière. J'avoue ne pas aborder volontairement les multiplications et me contenter de calculs dont ils raffolent, tel que 2x4x3x6x2 déjà suffisamment compliqués pour moi !!! Les meilleurs élèves me tendent déjà leur cahier avant même que je n'ai fini de calculer le premier calcul, duuuuure réalité.... Je n'ai jamais depuis le primaire ni prétendu être à l'aise avec les maths ni douée en la matière, qu'on se le dise !

 

Pour la semaine à venir nous voulons enseigner aux plus grands un peu de géographie en présentant notre voyage. Pour cela, nous achetons une carte du monde mais commençons par représenter l'Inde, Bodhgaya et l'école au tableau. N'ayant aucune idée de leur vision du monde et de la géographie de leur pays, il nous paraissait important d'introduire une échelle basée sur ce qu'ils connaissent. Finalement ils assimilent très bien ces notions et nous re-situons l'Inde sur la mappemonde. Là, les regards et les exclamations des enfants émerveillés me font frémir de satisfaction. On leur explique que l'Inde est un pays parmi plus de 200 et leur demande s'ils en connaissent d'autres. A notre grande surprise, la Chine, l'Amérique (USA), la France et l'Angleterre sont fredonnés dans les rangs après le Pakistan évidemment. Une fois situés sur la carte, les enfants font preuve d'un réel intérêt et demande à Dinu qui traduit en hindi nos explications, quel est l'énorme pays au dessus de la Chine.....il s'agit de la Russie. A cet instant, je ne peux qu'être comblée de les voir ainsi intéressés. C'est grandiose. Nous leur présentons ensuite nos origines et notre parcours en Océanie et Asie, à travers l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Indonésie, la Thaïlande, l'Inde et prochainement le Japon. Ce sont d'ailleurs eux qui nous ont demandé où nous allions après l'Inde et quand nous rentrons en France. Décidément, ils sont captivés et nous ravis. Il n'y a pas meilleure récompense ! Nous faisons cette présentation sur plusieurs matinées avant d'introduire un alphabet imagé d'animaux des pays visités pour enrichir leur vocabulaire et travailler la prononciation ; les différences physiques entre les hommes (couleur de peau et cheveux, yeux bridés, etc) représentés par le biais de photos d'enfants des quatre coins du monde que nous collons sur la carte en expliquant que la différence n'est que physique et un peu de grammaire avec des éléments de comparaison tels que « France is smaller than India ; India is bigger than Pakistan ». Pour clôturer les cours, nous leur montrons un petit film de notre voyage, plus émerveillés par l'ordinateur et le fait de nous y voir que par le film en lui même, ils s'aglutinent tous comme des abeilles sur un pot de miel. C'est rigolo. 

 

Le jour de notre départ nous avions apporté quelques ballons gonflables qu'il nous restait du Songkran thaïlandais et il n'en fallait pas plus pour pour les éclater au point qu'ils aient dans l'idée d'en faire de même avec chacun des ballons, et tout ça en un temps record !!

 

Je ne me serais jamais sentie aussi utile que pendant ces quelques jours de bénévolat et j'espère pouvoir m'impliquer davantage dans le développement de cette école...


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Commentaires : 2
  • #1

    tatisabel (mercredi, 08 mai 2013 11:08)

    Bravo, c'est très touchant, j'ai les larmes aux yeux ! c'est fou ce que l'on peut apporter en donnant peu à ceux qui n'ont rien. vous allez revenir riche d'experiences. Merci de nous faire partager vos aventures. Tandis qu'ici on vend du muguet un jour de Toussain (hé oui ! ) Je pense que vous etes partis avec le soleil dans vos valises alors dépechez vous de revenir !!!

  • #2

    parrain (vendredi, 10 mai 2013 21:20)

    tu as tout le sérieux d'une institutrice appliquée en posant ces additions...


C'est l'Inde, épicez tout !

Avant notre départ en voyage et surtout avant d'arriver en Inde, nous avons été bombardé de recommandations en tous genre justifiées par des anecdotes morbides qui finalement auront suscité en moi l'envie de contredire ces faits... Ayant rencontrés Alex, un voyageur intrépide portugais qui revenait en Inde pour la 3ème fois et arrivait dans le même avion que nous, nous avons en une journée pu adopter un nouveau regard. En effet, sans trop savoir pourquoi, les indiens aux sourcils noir et épais ne nous inspiraient pas confiance, ni à Clément ni à moi, mais ça, c'était avant. Pendant une journée dans Calcutta que tous nos proches nous décrivaient (sans connaître) comme la plus immonde des villes où l'air sent la corruption, la pauvreté et la mendicité, Alex nous aura fait partager son expérience de l'Inde et découvrir ses spécialités. Rien à voir avec les horreurs que les reportages télévisés chocs aiment nous montrer ! En une matinée de balade de marché en marché, il nous apprend les épices, quelques mots d'hindi et nous explique comment interpréter les regards des locaux, parfois très durs comme le patron du restaurant où l'on a mangé, venu contrôler si tout allait bien, sans mot dire, les mains posés sur la table, nous regardant l'un après l'autre d'un mouvement de la tête très lent. Il n'en fallait pas moins pour que le voile qui obstruait nos yeux disparaisse et nous laisse entrevoir une Inde colorée, chaleureuse et où il fait bon vivre ! Nous rencontrons deux jeunes indiens que j’appellerai les « Rois de Calcutta » du fait de leurs allures de bad boys. Aujourd’hui, je suis fière de vous raconter l'Inde comme je la vois :

 

  • « L'Inde est sale, corrompue et misérable. Tous les enfants mendient, c'est l'Horreur ! »

 

L'arrivée à Calcutta a été des plus surprenantes évidemment. La surpopulation m'aura davantage frappée que la misère et l'insalubrité qui ne sont en fait guère plus prononcées qu'en Indonésie. En effet, les rues sont un peu plus encombrées de déchets qu'en Indonésie mais le faible niveau de vie et la surpopulation se ressentent : les mendiants sont bien plus nombreux ainsi que les habitations de fortune en bord de route. Tout cela n'est que plus visible du fait de la surpopulation, un milliard d'habitants dans le pays tout de même ! Le contraste est de taille entre les enfants aux cheveux crépus de sale qui se baladent culs nus dans les ordures et trouvent quand même le moyen d'être heureux et tout sourire et les hommes habillés en costard dont le regard est plus noir que noir et qui ne cessent de cracher aussi bruyamment que possible.

 

Le trafic routier ne peut être plus saturé. Et dire qu'en Indonésie on trouvait la conduite anarchique, en Inde c'est chacun pour soi ! « J'arrive, que ça passe ou ça casse et je compte bien grapiller tous les centimètres possible » tel est le code de la route local. Les klaxons retentissent en continu dans un tintamarre atroce. Il y a bien une voie pour chaque sens de circulation mais pour ce qui est des doubles voies, là c'est autre chose : klaxons, slalomes, queues de poisson, freinages brusques, telles sont les épreuves pour survivre ! Le trafic est tellement dense qu'il n'y a bien que les indiens qui peuvent se lancer dans une telle aventure, d'autant plus qu'il faut également anticiper les piétons, les troupeaux de chèvres ou les carioles qui traversent où bon leur semble ! Vous partez dans la direction opposée du rickshaw que vous venez de croiser ? Pas de soucis, en un demi-tour à 180° c'est réglé ! En Inde, il n'y a pas de problèmes, que des solutions. Comme ils disent, tout est possible : « sabcouch milaga » !

 

Tout le monde a en tête le film Slumdog millionnaire dévoilant les réseaux de milliers d'enfants mutilés pour mendier et apitoyer davantage.... La mendicité des enfants n'est pour l'instant pas flagrante, certains bouts de choux bien portant suivent tout être blanc de peau la main tendue et adresse un « hello, monnaie ! » mais un petit « non » en hindi suffit à les stopper net. Nous sommes bien loin d'être assaillis sous les regards implorants de ces enfants. Avoir une image aussi misérable de l'Inde sans y être allé est bien triste et je suis bien contente d'avoir attendu d'en juger de mes propres yeux pour m'en faire une idée... Alors que certains ne voient que des décharges de déchets, je ne vois plus que les sourires des enfants courant pieds nus avec la plus belle insouciance tandis que leurs parents vaguent à leur occupation l'esprit léger ! Quand ils n'ont rien connu d'autre, qu'est ce qu'il pourrait bien les empêcher d'être heureux ? Est-ce aussi invraissemblable de voir un enfant s'amuser à trainer derrière lui une boite en carton bricolée avec un bout de ficelle plutôt qu'une gameboy à la main ? Selon moi, le plus malheureux dans tout ça c'est l'occidental qui est attristé devant un tel scénario car il n'y retrouve pas le confort qu'il assimile (à tord) à son bonheur...

 

Il n'est pas rare de croiser une canne et ses canetons, des bœufs, des sangliers aux allures de phacochères endurcis, une vache ou des chèvres dans la rue, ici l'Homme et l'animal se côtoient au plus proche. Les animaux sont d'ailleurs conviés pour un buffet matinal avant le passage des éboueurs (oui oui, les rues, places et lieux de marchés sont nettoyés tous les matins avant qu'une nouvelle journée d'activité vienne joncher à nouveau les lieux de détritus) ! On compte en revanche presque autant de chiens errants que d'indiens, c'est affolant, comme ils sont partout, chaque parcelle de terrain, muret ou devant de porte accueille 3 chiens minimum !! Mais l'Inde étant le 2ème pays islamique du monde après l'Indonésie, ici on ne mange pas de porc, essentiellement du poulet, du mouton et des épices, beaucoup d'épices !!! Le chili en deviendrait presque une variété de poivron dans le pays, il s’accommode partout, du petit déjeuner au souper ! En Inde on oublie les baguettes et cuillère asiatiques et on mange avec les doigts et plus précisément, la main droite, la gauche étant impure et ne servant qu'à se laver !

 

  • « Attention, toi en étant blonde, les indiens ne vont pas te lâcher, coiffe toi comme Shiva si tu veux être tranquille.... »

 

Arborer une tignasse blonde, des yeux bleus et une peau blanche en Inde, c'est s'assurer d'avoir en moyenne 10 paires d'yeux fixés sur soi et de ne jamais marcher seule dans la rue. Très insistant, le regard des hommes est dévisageant et intrusif. Au premier abord cela peut être gênant et inquiétant de se voir ainsi faire attraction, en réalité nous avons assez vite compris que les Indiens nourrissent une curiosité sans fin et ne se gênent pas pour regarder ce qui les intriguent ! J'ai vu plusieurs personnes courir voir pourquoi une ronde humaine se formait.....juste parce qu'une personne était tombée ! Dans notre culture occidentale cela paraît déplacé, pas dans la leur. Ceci dit, cela ne leur empêchent pas de tourner la tête lorsque je rend à certain leur regard pénétrant qui les oblige à s'arrêter et me suivre du regard sur plusieurs mètres. Quelques fois c'est rigolo, comme ces étudiants que j'ai croisé à la sortie de l'école et qui d'un jeu de domino parfait se sont rentrés dedans, les uns après les autres, HAHA !! A partir du moment où il ne s'agit que de regards, pas de raisons de nourrir une paranoïa, d'autant plus qu'un sourire ou un geste de la main suffisent en général à transformer ces regards en un sourire rendu avec autant de chaleur que ce qu'indique le thermomètre local.

 

  • « Là bas, la femme n'est rien ! »

 

Autre pays, autre coutume ! Cela relève de l'impossible de voir un couple indien marcher côte à côte, en général les hommes marchent devant et les femmes suivent. Un couple ne fait preuve d'aucune affection en public. Quoique, il y a toujours une exception à la règle, hier soir, j'ai vu un couple se donner la main tendrement, oui oui ! Cas unique. La femme n'est pas « rien » pour autant même si elle est loin d'être considérée comme égale à l'homme et reste affectée aux tâches ménagères quotidiennes. Ici, cela consiste en plus de ce que l'on connaît, à faire sécher les bouses de vaches fraîchement dévoilées au grand jour dans de la paille, sur les façades des maisons ou troncs d'arbres afin de pouvoir utiliser la matière comme combustible pour cuisiner, le bois étant trop cher. Oui, oui, comme partout, c'est toujours les femmes qui se retrouvent les mains dans la crotte !! Entre les couches et les vaches, c'est un métier...

 

On a souvent de mauvais à priori en ce qui concerne la condition de l'Inde où l'on imagine la femme esclave, mariée de force et n'ayant pas accès à l'éducation et rien le droit de faire sans la présence de son mari. Il faut savoir qu'il y a de plus en plus de mariages choisis même si l'idée fait mouche. En effet, bien que le mariage amoureux prenne de l'ampleur, quelques incohérences freinent celui-ci, comme par exemple, l’interdiction d'accoster une femme dans la rue, dans une boutique ou où que ce soit, sans qu'il n'y ait explication à cette rencontre (présence sur le lieu de travail, invitation à un mariage...) ! Il paraît donc plus simple de se voir présenter « quelqu'un de bien », si l'on veut épouser un(e) indien(ne) ! Toutefois, il faut savoir que ce rituel ne s'applique qu'aux femmes indiennes. Pour les étrangères, plus aucune barrière de ce genre. On comprend donc aisément pourquoi les hommes n'hésitent pas à regarder et accoster les femmes étrangères, ce sont les seules à leur yeux capables de leur rendre l'attention qu'ils cherchent.

 

Toutefois, le manque d'affection qui en découle est flagrant : en tout bien tout honneur, les hommes se tiennent la main dans la rue et n'hésitent pas à poser une main sur la cuisse de leur ami en l'écoutant parler. Proximité amicale qui reflète ce mal affectif que s'infligent les indiens en perpétuant cette stupide coutume ! Concernant l'éducation, les femmes y ont autant accès que les hommes, pas de discriminations à ce niveau là, une femme peut devenir professeur, banquière, préfète de région, etc.

 

 

Officiellement pays d'Asie, l'Inde ressemble énormément aux pays du Moyen Orient qui n'est finalement pas situé si loin. Que ce soit les habits traditionnels très colorés, le style vestimentaire, l'atmosphère chaleureuse, la musique, la façon de manger, les yeux non bridés, la peau mâte et certaines spécialités locales comme les Longnatah, biscuits imprégnés de sucre qui rappelle les gâteaux marocains, on n'oublie être en Asie et se croirait presque au Maghreb !

 

Cela dit, avoir déjà voyagé en Asie pendant quelques mois nous aura certainement permis d'aborder l'Inde avec plus de recul qu'un français fraîchement parti de Paris.


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Commentaires : 2
  • #1

    parrain (lundi, 29 avril 2013 00:47)

    Je suis toujours votre périple avec autant d'attention. Parrain

  • #2

    Charlotte of London (mardi, 30 avril 2013 16:30)

    Hello, desolee de vous contredire, 80% de la population en Inde pratique l'hindouism. Les musulmans sont une minorite en Inde (approx. 10%) et c'est l'inverse au pakistan...acte d'independance 1947. Bon voyage