Indonésie

Code des Voyageurs...

« Ne quitte pas un pays sans connaître dix mots de sa langue, cinq mets de sa cuisine, trois héros de son histoire, deux adresses en or trouvées par toi et une personne à qui tu confierais ton précieux. »

 

YAKA aller voir les baleines...

(édition Bréal 2012)

Bien que nous soyons honteusement mieux accueillis en anglais en Indonésie qu'en France, voici mon petit lexique de base car évidemment les locaux apprécient quelques notions et politesses dans la langue locale puis j'avoue m'adonner avec plaisir â cette pratique :

 

 

Selamat pagi / selamat malam Bonjour / Bonsoir
Selamat datang Bienvenue
Terima Kashi Merci
Sama sama De rien
Yah / Tidak Oui / Non
Tolong S'il vous plait
Nama saya Silvia Je m'appelle Silvia
Ada kamar ? Reste t-il une chambre ?
Mahal Cher
Malam malam  Marcher
Nasi / Mie / Ayam Nouilles / Riz / Poulet

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Petit top 5 de mes plats préférés du pays, bien qu'il ne s'agisse pas de grande gastronomie on parle là de SAVEUR (parfois trop d'ailleurs..) et de plat bon marché (j'entends par là, entre moins d'1€ et 1,50€) :

 

  • Lotek, plat de légumes variés cuits à la vapeur et servis dans une sauce à la cacahuète (petit pêcher mignon dont raffole mes papilles). Généralement composé de lamelles de pommes de terre bouillies, de cubes de tofu frit, de choux, en plus de quelques tranches de concombre et feuilles de salade verte.

Particularité : NO SPICY (rare, comme toute chose précieuse!) ; préparation rapide

 

  • Ayam satey, mini brochette de poulet enrobée de sauce à la cacahuète ou soja et cuite sur la braise.

Particularité : Vendu dans nombreux étalages ambulants en lot de 5 ; certaines bronchettes sont trop faibles en garniture pour en faire un repas ; en guise d'amuse gueule ou apéritif c'est l'idéal !

 

  • Mie goreng, à base de nouilles jaunes frits dans une huile avec oignons, il peut être servi avec du poulet, des crevettes, du boeuf ou des boulettes de viande mais aussi du chou, des oeufs et des tomates.

Particularité : Trés peu épicé ; plat commun ; en restaurants les nouilles sont frâiches mais dans les cuisines plus modestes voire ambulantes, ce sont des nouilles en sachets où même les épices sont délivrées en sachet !

 

  • Nasi goreng, dans le même principe que le mie goreng mais cette fois servi avec du riz frit.

Particularité : Plat national par excellence et bon marché.

 

  • Lontong, riz cuit à la vapeur et compacté sous forme de cubes ou rectangles et servi dans des feuilles de bananier.

Particularité : Le goût qu'ajoute la feuille de bananier tout simplement enroulée autour du riz est impressionnant.

Et en prime une panière de fruit comme je l'ai tant aimé avec des :

 

- Belimbing, très rafraîchissant, légèrement craquant, cela ressemble à un melon d'eau acidulé. De la forme d'une étoile jaune, on comprend aisément l'origine de son nom anglais : starfruit.

 

- Salak, fruit ressemblant à une tête de serpent avec sa peau brune constituée de petites écailles. Sa chair est croquante, son goût douceâtre mais pas très savoureux.

 

- Rambutan, le cousin du litchi qui a l'apparence d'une boule rouge hérissée de longs « poils » comme l'on peut trouver en jouet élastique dans les fêtes forraines. Rambut signifie « cheveu », d'où le nom.

 

- Mangosteen, mon fruit préféré d'entre tous ! Sous une épaisse écorce d'un rouge-brun, se cache en son centre 3 petits fruits de la taille d'une noix de cajoux et d'un goût exquis !

 

- Pisang, mini bananes au goût bien plus sucré que les bananes que l'on connait.

 

- Soursop que j'aurais goûté en jus. Laiteux, justement sucré et très doux, il est raffraîchissant à souhait.

 

.... et l'incontournable Durian que je n'aurais pas eu le courage de goûter après avoir été asphyxiée jour et nuit !! Que la foudre s'abatte sur moi pour avoir ainsi failli, mais je ne regrette pas. Comment ça vous ne connaissez pas le Durian ? Si seulement je pouvais passer la douane pour en ramener, je ferai une dégustation générale gratuite, croyez moi ! Faute de, imaginez-vous un hérisson-fruit, ajoutez à cela une odeur nauséabonde d'égoux et votre Durian est tranché, prêt à consommer et vous laisser une haleine défiant le plus odorant des oignons !!

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Deux adresses très touristiques où le décor et l'ambiance vallent cependant le détour pour un dépaysement certain :

 

  • Jatiluwih et ses rizières en terrasse où l'on peut voir les hommes au chapeau pointu courbé dans ces étendues verdoyantes. L'endroit est cependant tellement touristique qu'un droit d'entrer est taxé, la somme reste cependant très modique.

 

  • Kawa Ijen où les porteurs de soufre s'adonnent au détriment de leur santé à extraire deux fois par jour entre 70 et 100kg de cette roche jaune loin de les couvrir d'or... Descendre accompagné d'un porteur est à faire, ce n'est selon moi pas le moment de refuser « un service » (payant), prenant de son temps pour vous attendre et vous laisser contempler les lieux, il vous montrera les différentes techniques d'extraction du souffre et surtout de sculpture. Les quelques 50 000 roupies (5€) qu'il vous demandera en échange, ne sont rien pour vous mais corresponde déjà à 1/10ème de son salaire !

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Mon naturel méfiant m'empêcherait d'y confier "mon précieux" pendant mon absence mais M. Haryono fut la plus époustouflante de nos rencontres indonésiennes et mérite d'être ici citée !

 

C'est grace à lui, sa gentillesse et son ouverture d'esprit que nous avons eut la chance d'assister en VIP à la cérémonie du Nyepi indonésien où la présence des touristes était peu flagrante !

 

Probablement une expérience visant à mélanger culture occidentale et culture indonésienne et ainsi observer les réactions de chaque parties pour ses cours de Rencontre Interculturelles... Quoiqu'il en soit, jamais aucun "cobaye" n'a été aussi bien traité !

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MULTI-CROYANCE EXEMPLAIRE

 

Dans ce pays présenté comme le premier pays musulman du monde, la pratique de la religion se fait de façon très décontractée. L'islam est majoritairement à peu près représenté partout sauf à Bali où l'hindouisme prédomine. Il s'agit d'un cas unique où différentes ethnies et religions telles que l'islam, le christianisme, le bouddhisme et l'hindouisme se côtoient de la manière la plus pacifique qu'il soit ! Cette harmonie est toute aussi appréciable que ce qu'elle est inhabituelle.

 

En effet, les édifices religieux sont aussi riches que variés et il n'est pas rare de trouver une église en face d'une mosquée. Ceci témoigne d'une admirable ouverture d'esprit de la part des indonésiens qui font passer leur nationnalité avant leur religion, principe qui tend hélas à s'effacer sous le poids des revendications religieuses actuelles ! Bien qu'athée, j'appréciais cette hétérogénéité religieuse où femmes voilées, moines bouddhistes et chrétiens s'assoient côte à côte dans le bus sans le moindre jugement. C'est incroyable comme la Foi prend des allures idéalistes lorque le jugement n'est plus.

 

Selon le dernier recensement officiel de 2010, 87,2 % des Indonésiens sont musulmans ; 7 % protestants ; 2,9 % catholiques ; 1,7 % hindouistes ; 1,3 % autres ou sans réponse, ce qui inclut le bouddhisme, le judaïsme et le christianisme orthodoxe.

 

Le Muezzin qui appelle à la prière du haut de son minaret fait retentir son chant 5 fois par jour sans que le calme religieux des moines ne devienne colère. N'ayant jamais eu l'occasion d'entendre l'appel à la prière musulmane avant, j'avoue avoir été fascinée par le côté sacré, toutefois, dans certains cas cela ressemblait davantage à une complainte du fait de la mauvaise qualité des micros et de la voix roque du muezzin ! Ceci dit, je ne peux m'empêcher d'avoir de la compassion pour les autres ethnies à qui il est imposé tous les jours à 5 reprises pendant 30 minutes !

 

Dans la culture hindou, des offrandes sont faites tous les jours. Pour cela, ils disposent devant chaque maison ou commerces d'hotels religieux joliement décorés. Présentées dans des feuilles de bananier tressées, les offrandes sont généralement composées de nourriture (riz + biscuit), d'un baton d'encent, de fleurs et quelques fois de pièces de monnaie ou cigarette. Ces mêmes offrandes se retrouvent aussi sur les trottoirs, aux croisements des routes et dans les véhicules !

 

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Pour une escale définie par défaut, je fut finalement agréablement surprise par la beauté de l'archipel indonésien et la richesse de leur culture, bien que les déchets souillent cette image, ce fut un tremplin idéal entre l'Australie et l'Inde... Entrée en matière réussie ! 

Commentaires : 2
  • #2

    Juicers Reviews (dimanche, 21 avril 2013 23:18)

    This article was precisely what I was searching for!

  • #1

    parrain (lundi, 01 avril 2013 18:10)

    En parcourant tes deux derniers reportages , je me rends compte que ce pays t'inspire beaucoup et rendent encore plus vivants tes récits de voyage !


(du 11 au 17 mars 2013) : La Java c'est mieux à quatre !

Nous voilà tout juste arrivés sur l'île de Java que la magie du voyage opère déjà. A la sortie du ferry Noémie et Mylène, deux françaises sponsorisées Quechua de la tête au pied comme tout bon Francais, nous accostent pour les mêmes raisons et finalement nous faisons chemin ensemble jusqu'à l'Office de Tourisme de Banuyangi malgré les plus belles arnaques que certains tentent de nous faire gober... « Blacky sweety » un jeune homme gay rencontré à bord, nous avait avec une très grande sympathie mis en garde contre tout cela, de plus, armées du guide Lonely Planet qu'elles lisent comme la Bible, les frenchies savaient parfaitement où était localisé le véritable centre d'informations, pas dupes les miss ! Reçus par des hommes aux allures militaires nous soupçonnions une "erreur de compréhension" de la part de notre chauffeur de bémo (mini bus) et pourtant... Après un long entretien avec M. Haryono, le responsable de l'office cité dans le guide, nous négocions avec brio un aller retour en Jeep jusqu'au pied du volcan Ijen où se trouve les soufrières. Bien aise d'avoir obtenu ce que nous voulions à un tarif de groupe intéressant, M. Haryono nous invita le soir même à l'accompagner à la cérémonie des Ogoh-Ogoh pour le Nyepi balinéen (nouvel an) ! Wahouuuu, so lucky, nous qui l'avions raté sur Bali !! Mais.. que gagnerait-il en échange ? Nous demandera t-il quelque chose ?... Rien de plus qu'une participation symbolique de 37 500 roupies chacun soit la modique somme de 3€ !! Tapis rouge pour notre arrivée à Java...

 

Pour l'heure, il nous faut trouver un hébergement... pas de soucis, le Guide en main nous avons les bonnes adresses et faisons le tour des établissements décents. Finalement plus sommaire qu'à Bali où pour pas grand chose nous avions du luxe, ici ne serait-ce que la douche se paye au prix fort : pour une chambre avec douche compter 200 000 roupies pour 2 personnes contre 40 000 sans, hum ! Ayant un bon feeling avec les filles, dès le premier soir, nous partageons donc une chambre-douche à quatre, sachant parfaitement que la nuit sera courte...

 

Ayant rendez-vous devant la maison de M. Haryono à 18h, nous allons ensemble à la cérémonie sans savoir vraiment ce qui nous attend. Après une bonne demie-heure de route, son chauffeur privé nous arrête dans la famille d'une de ses élèves - puisque son activité au sein du centre d'informations n'est qu'un complément de ses cours de Rencontre Interculturelles, qui expliqueront probablement tous les évènements qui vont suivre - où nous sommes accueillis comme des souverains ! Pot d'accueil avec tasse de thé d'une saveur si douce et sucrée qu'elle en ferait pâlir nos amis anglais, présent de 2 pastèques pour nous 4 (le minimum syndical), en plus de tenues traditionnelles pour la cérémonie et plus de sourires chaleureux que je n'en ai jamais vu donné à des inconnus... accueil démesuré, échange injustifié, magie partagée !! Moment inoubliable avec cette grande famille où les 3 générations sont d'une générosité sans fin ! Cette soirée s'annonce haute en couleur. Toutes trois vêtues d'un châle rouge ou vert aux motifs orientaux et d'une coiffe symbolisant l'ouverture d'esprit envers les hommes et Dieu pour Clément et M. Haryono, nous tentons de percer la foule compacte dont les regards intrigués suivaient nos moindres faits et gestes. Quelques mots auront suffit à ce que M. Haryono et ses convives (nous!), soient escortés jusqu'aux sièges du premier rang aussitôt libérés de ses occupants à la demande de M. le Maire. Mais, wah ! Pourquoi ça, pourquoi nous, pourquoi tant ?? Tant de questions qui resteront sans réponses préservant ainsi le mystère de cette magie digne des 1001 nuits.

 

La cérémonie fut grandiose, colorée à souhait, rythmée par les timbales et les tambours indonésiens et empreinte d'humour et de folklore. Environ quatre troupes d'une trentaine de danseurs représentant respectivement quatre temples déambulèrent une à une accompagnées de leur Ogoh-Ogoh, être mythologique incarnant le Mal construit en papier mâché, peint et orné avec une minutie et un réalisme certain. Hélas, ces monstres sont voués au bûcher en fin de cérémonie, comme nous le faisons avec M. Carnaval. Nous n'y aurons par contre pas assisté car afin d'éviter la ruée générale vers la sortie, on mit les voiles quelques minutes plus tôt. Le maire de la ville nous remit une pyramide de fruits pour nous remercier d'être venus, la télé et les journaux nous interviewa (oui oui!) et tout le staff nous remercia..... Pouvons-nous nous risquer à un MER-CI ou cela leur paraîtra t-il dérisoire ??! Incredible night. Et dire que nous n'avions même pas prévu de s'arrêter dans cette ville... Les filles nous porteraient-elles chance ? Ne leur dites pas, mais peut être.

 

Rentrés à l'hôtel vers 22h30, le réveil sonne, il est 3h30, l'heure de partir à la conquête du volcan Ijen ! En un saut hors du lit nous voilà dans notre jeep avec chauffeur, notre maigre petit déj' en poche, préparé avec un poil dans la main par l'hôtel. Il aura suffit de 2h de route pour nous ravitailler en fruits (que nous avons en quantité), sommeiller quelques minutes de plus et se couvrir pour l’Ascension ! Les flancs du volcan s'étendent sur seulement 3 petits kilomètres mais sont pentus veuillez me croire. Allez, c'est parti ! A peine lancés dans cette ascension matinale que nous rencontrons des porteurs de soufre et entamons la discussion avec eux tout en traînant nos pieds l'un après l'autre. Ce ne sont pas moins de 70kg minimum qu'ils portent dans leur double panière deux fois par jour sur ces 3 kilomètres de pente atrocement inconfortable ! Une déformation du dos n'est pas étonnante : ils ont tous une grosse bosse de peau brûlée et cornée sur l'omoplate... Quelle labeur. Et malgré cela ils sont nombreux à garder le sourire et à plaisanter chargés de leur panière impossible à soulever pour moi ! Essoufflés par l'ascension, nous faisons quelques brèves « escales ravitaillement » quand on se rend compte que nos amis porteurs nous attendent. Pas le temps pour les faire attendre !

 

A moins d'un kilomètre du cratère le soufre s'impose à nos narines, cure thermale gratuite pour les sinus ! Au sommet, c'est du rêve les yeux ouvert avec d'un côté la vue plongeante sur Banyuangi et de l'autre le cratère fumant. Lorsque la fumée se dissipe partiellement, on peut apercevoir un lac bleu ciel au fond du gouffre. Accompagnés et guidés par notre ami porteur, nous descendons avec Clément dans les profondeurs du volcan, wahou !!! L'odeur du souffre de plus en plus forte et prenante à la gorge nous oblige à nous masquer à la mode japonaise. Peu importe, je descends dans les soufrières d'un volcan, ce qui ne représente pas moins d'un rêve pour moi ! Pendant la descente abrupte, nous ne cessons de croiser des porteurs de soufre écroulés sous le poids de leur chargement avec dans la bouche une serviette déchiquetée par la douleur !! De temps en temps, le nuage toxique se dissipe au gré du vent et nous permet de reprendre une bouffée d'oxygène correcte. Une fois en bas, plus de gène, une atmosphère normale pour apprécier la vue sur le lac d'eau chaude et les soufrières jaune fluo où les porteurs s’attellent à l'extraction... Ma-gni-fi-que. Moi qui en rêvais, j'y suis, quel bonheur, quelle magie indescriptible ! Aux anges devant cette Nature qui a pour principe de ne jamais cesser de m’époustoufler. Après quelques inévitables photos et vidéos, nous emboîtons le pas à notre ami porteur, à son tour chargé d'un lourd convoi que nous essayons de soulever, en vain. Au sommet, nos copines "bourgeoises" de Bourge nous attendent pour redescendre loin de ce nuage toxique. Un petit billet à notre ami et c'est la tête remplit d'images que je redescends de mon nuage. Déjà ?

 

Environ 6h de train inconfortable plus tard, nous voici à Probollingo, au pied du Mont Bromo, notre prochaine cible. Le lendemain, c'est à 1h du matin que nous tombons du lit, ou plutôt 1h45 malgré un réveil 40 minutes plus tôt, il aura suffit d'un clignement de paupière pour que l'horloge avance subitement de trois quart d'heure !! Ni une, ni deux, notre chauffeur nous ouvre la porte du 4x4. Tout quatre équipés de frontales et de vêtements chauds, voire trop chaud pour certains (je ne citerai pas de noms mais les 3 énergumènes emmitouflés plus qu'un esquimaux qui m'accompagnaient devaient visiblement s'attendre à ce qu'il neige au sommet..), nous nous lançons dans cette seconde ascension matinale...ou devrais-je dire nocturne ? La montée n'est ni vraiment longue ni dure et pourtant les jeep affluent pour déposer les touristes incapables de poser un pied devant l'autre sur quelques mètres ! Arrivés sur une plate-forme bien trop touristique à notre goût à tous, nous sommes pourtant contraint d'y rester car une éclaircie annonce déjà le lever du soleil, ce pourquoi nous nous étions levés si tôt, vous vous en doutez. Petit à petit le paysage se dévoile à nous et nous découvrons des reliefs volcaniques d'une beauté incomparable, mélangeant dôme conique, cratère évasé et crêtes abruptes plongeant dans une vaste étendue de sable, c'est fascinant ! Le soleil lui, perce timidement, arborant un beau dégradé de couleurs flamme qui nous laisse croire à un incendie au loin.

 

Et nous n'étions pas au bout de nos surprises : en redescendant, nous découvrons le sublime paysage que nous avons traversé quelques minutes plus tôt lorsque la pénombre ne nous laissait pas encore le contempler. Des cultures d'oignons, pommes de terre et tomates prolifèrent jusque sur les flancs des monts ! Tout est très vert. Toujours en forme pour marcher, on rejoint la mer de sable qui nous intriguait depuis la plate-forme. Surprenant évidemment. Se retrouver dans cette vaste étendue sableuse entourée de reliefs plus riches les uns que les autres, c'est tout simplement magnifique. Les minis canyons de sable où des cavaliers au style péruvien patrouillent en quette de touristes avides d'insolites, l’incroyable verdure du Batok, les panaches de fumée émanant de l'impressionnant cratère gris du Bromo, une ligne de crête descendue de la montagne pour se jeter dans "la mer de sable" et le cône du Semeru au loin, aucun mot ne pourrait décrire ce paysage. Aucune photo n'est assez belle pour en témoigner comme il se doit, rien hors mis nos yeux écarquillés ne pouvait mieux contempler cette beauté !

 

Près de 7h de trajet (+ 3h de retard) en mini-bus et nous voilà à Yogyakarta, toujours avec nos copines avec qui le voyage est de plus en plus appréciable ! Très agréable comme ville, il s'agit de la plus touristique de Java et le centre de l'art classique javanais et de la culture traditionnelle, qui ne laisse à Jakarta la capitale que le pouvoir économique. Nous y séjournerons 4 jours de façon à être suffisamment loin de tout volcan pouvant susciter une "triste" envie d'ascension... comme une drogue je m'en méfiais, d'autant plus que le Mérapi, plus haut volcan actif d'Indonésie n'était pas loin et les filles

Avec Kiki sur mes genoux !!
Avec Kiki sur mes genoux !!

motivées pour y aller ! Arrivés dans la soirée, notre seule préoccupation était de dormir, enfin !!

 

Le lendemain, après avoir rencontré un agent d'accueil de l'office de tourisme alors que nous cheminons vers le Palais du Sultan (Kraton), nous sommes finalement allés visiter l'atelier officiel des toiles typiquement javanaises dont certaines sont peintes sur de la soie. La technique en est d'autant plus impressionnante : une spatule avec des embouts de différentes tailles est utilisée en guise de pinceau pour tous les petits détails, quant à la pigmentation, ils se basent sur une couleur claire et en s'y prenant à plusieurs reprises et couches, ils obtiennent des tons de plus en plus foncés, mais hélas nous n'avons pas vraiment saisi l'astuce, dommage. Quelques toiles en poches et c'est vraiment le cas de le dire car vendues sans cadres elles rentrent dans une enveloppe une fois pliées, nous allons faire un tour dans le grand marché de la rue principale ! Des tongs, des sacs, des bijoux et des bouddhas par milliers, tout y est. L'ambiance du marché n'est pas oppressante car contrairement à Bali les Javanais ont moins l'esprit commerçant-collant et acceptent qu'on n'ait pas envie d'acheter un éventail à chaque stands ou un sachet de crickets ! Ouf, ça me rassure. Ceci dit il est vrai que cet harcèlement commençait à nous lasser sérieusement et se fut très appréciable d'être un peu "oubliés".

 

Alors que nous attendons Noémie et Mylène qui flânent (longtemps) devant les tongs, un groupe d'étudiants nous accostent sur le marché. Ils doivent pour leur cours d'anglais s'entretenir dans la rue avec des touristes. Ils nous demandent nos origines, prénoms (j'ai pu jouer à les impressionner en me présentant en Indonésien Nama saya Silvia... résultat garanti héhé!), âges, durée et motifs de notre séjour, mais très vite la discussion tourne au bavardage en l'apparence sorti des directives du questionnaire : Quel plat indonésien connaissez-vous ? Lequel préférez-vous ? Appréciez-vous votre séjour en Indonésie, à Yogya ? Que pensez-vous des indonésiens ? Quelle saison est-il en France en ce moment ? Que nous conseillerez-vous pour améliorer notre anglais ?... Pris au jeu et appréciant la sympathie avec laquelle ils nous posent tout ceci, nous leur répondons avec plaisir mais sommes malheureusement forcés de décliner l'invitation quant à l'intervention dans leur classe. En effet, nos emplois du temps ne correspondent pas : nous serons déjà partis aux dates de leur prochain cours d'anglais et aucune intervention ne peut hélas être programmée avant. Pas rancuniers, ils nous font déguster ce qui devait être leur panier repas et nous mis sacrément en appétit tellement c'était délicieux ! On pu goûter le Lotek, les chips à la crevette où à côté celles de Carrefour ont un goût d'asperge ; avant de nous quitter pour retourner en cours ils nous offrirent toutes ces gâteries qui avaient éveillé nos papilles ! Rapidement nous échangeons les mails. Puis, ayant déjà 4h de retard sur le repas du midi, c'est à l'heure du goûter que nous partons en quête d'un restaurant aux assiettes copieuses pour assouvir la faim qui nous (j'étais la seule ?) tordait l'estomac depuis deux heures, et du Lotek s'il vous plait !! Le ventre plein c'est en béjak (tuk-tuk vélo) que nous rentrons à l'hôtel.

 

Logés à tout juste 40 minutes de Borobudur, le plus ancien temple bouddhiste d'Indonésie, nous décidons de nous y rendre le lendemain. Hélas je ne raconterai pas l'aventure que se fut pour rejoindre les filles à la gare car alors que moi je me suis régalée à faire un mini Pékin Express dans Yogya avec course à pied de 30 minutes et auto-stop en sccoter, Clément se mordait les doigts d'inquiétude... Bref, passons. Ce sera la prochaine histoire au coin du feu pour les intimes. Revenons à nos bouddhas : construit au VIIIème siècle, il s'agit du plus grand monument bouddhiste au monde ! Toutefois, le temple faisant office de sanctuaire à Bouddha resta dans l'ombre pendant des siècles, cachés sous les cendres volcaniques et la végétation qui l'avait recouvert après que le temple ait cessé d'être un lieu de pèlerinage bouddhiste pour de mystérieuses raisons...une violente éruption du Mérapi situé juste en face paraîtrait probable. Entièrement reconstruit à l'identique au 20ème siècle grâce aux financements de l'UNESCO, le site arbore à nouveau ses 1460 panneaux narratifs et quelques 1200 panneaux décoratifs taillés à même la roche (bien compté Lonely ?). Suivant la lecture des panneaux, c'est dans le sens des aiguilles d'une montre que nous entamons la marche vers le sommet du temple-pyramide composé de 6 plate-formes carrés puis de 3 autres circulaires avant le "Nirvana Éternel" où l'on dénombre 72 stupas c'est à dire des cloches ajourées où logent des bouddhas (certains décapités) assis en position lotus. Au centre, de l'ultime plate-forme, une stupa plus imposante défie le volcan Mérapi... Impressionnés par l'importance du site mais n'ayant pas percé l’énigme des panneaux permettant d'accéder au trésor encore enfouit, nous redescendons, déçus évidemment, les archéologues auraient oublié de remettre en évidence la pierre qui ouvre la porte secrète ! Aussi j'ai compris pourquoi les filles lisaient leur Guide avec autant d'attention quand j'ai vu plusieurs touristes le guide en main dans les couloirs du Borobudur... tout à une explication, tout !

 

Avant notre départ de Yogyakarta nous tentons une visite du soit disant Palace du Sultan, que je qualifierais plus de "paillasse" mais cela n'engage que moi... Le bâtiment (pour ce que l'on en aura vu), la cour, le spectacle de marionnettes tant promu et la visite n'ont vraiment peu d'intérêt (pour ne pas dire « pas ») ! Hors mis une terrasse extérieure dorée et marbrée, rien ne laisse croire à un palais. Dans chaque bâtiments sont exposés en vitrine des présents de nombreux pays du monde mais aussi des passoires et maniques.... Oui oui, ils ont osé. Devant cet affront, nous sommes partis.

 

L’excitation du départ vers une nouvelle destination prit un goût amer au moment des adieux avec Mylène et Noémie nos copines bourgeoises avec qui ce petit bout de voyage fut un régal, vraiment. Quand on est sur la même longueur d'ondes et qu'en plus on est au bout du monde à vivre un rêve éveillé, comment peut-il en être autrement ?! Mais il était l'heure de reprendre notre voyage chacun de notre côté, nous en Thaïlande, elles dans quelques jours au Cambodge, finalement pas si loin de nous mais c'est en France que l'on se reverra autour d'un bon plat de chez nous accompagné d'un bon vin de chez vous (ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde) !!

 

Ayant laissé nos portes bonheur à Yogya, le trajet vers la capitale fut plus que chaotique. Les filles, reveneeeeeeeeeeeez, on est guignés nous !! Non seulement, notre chauffeur de béjak nous raquette plus que la norme (ok on était 2 avec l'équivalent d'un cadavre en sac à dos, m'enfin) mais en plus à l'arrêt de bus on nous annonce une attente de 30minutes avant le prochain bus qui mettrait au moins 45minutes pour atteindre la gare à 2 kilomètres à tout casser.... JOKE ? On est quand même partis avec 1h40 de marge pour être sûrs d'avoir le temps de faire en bus le trajet que l'on aurait mis 1h à faire à pied !! Maldiccìon. Alors qu'à l'accoutumée les taxis et tuk-tuk nous assènent de propositions pour nous amener où nous voulons, ce soir personne ne veut nous déposer à destination, le comble ! Contrairement à ce que nous disaient les employés, un bus arrive et après avoir demandé confirmation directement au chauffeur, il part dans notre direction et mettrait 25 minutes d'après le pilote contre 1h selon la portière... Qui a raison ? Nous n'avons plus qu'à entamer les paris. Si la portière gagne, nous perdons, pour que tout le monde soit content le chauffeur doit gagner. Allez, un petit air pour encourager ce dernier : « chauffeur si t'es champion, appuis sur le champignon !! ». Visiblement cela fonctionne. Parachutés au milieu de nulle part, sous ses indications nous marchons encore 15 minutes jusqu'à la gare ferroviaire d'où notre train pour Jakarta part dans 30 petites minutes. C'est long, trop long, c'est beaucoup trop long.... OURAH nous y sommes, victoire ! Quoique... ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué disait l'autre ? Tellement vrai hélas. Arrivés au guichet, une tête à claque faisant office de conseillé s'acharne à nous vendre un billet de classe business en insistant sur le fait qu'il fasse très très chaud pour avoir d'après lui impérativement besoin de la clim, en plus de la couchette et du repas... Rien de tout ça, nous voulons juste payer 200 000 roupies de moins pour avoir un siège aussi pourri soit-il, est-ce possible ? Étrangement, c'est dans ces moments là, qu'ils perdent toutes notions d'anglais, grrr. Notre train arrive à quai. Il est soit disant complet maintenant. Comment y croire après avoir voulu nous vendre deux places 4 fois plus chères dans ce même train, trois seconde plus tôt ? Quelques insultes colériques suivi d'un profond désespoir utilisé pour implorer du regard ces êtres sadiques et les guichetiers ont déjà au bout du fil tous les agents de la gare pour nous débloquer une place.... puis une seconde. En effet, ils nous proposèrent d'abord de voyager séparément, hum si ça se n'est pas être pris pour des ânes... Bref. Finalement installés dans le wagon du personnel et de la sécurité avec un billet sans numéro de siège, nous y passerons 12h à rouler de nuit et tenter de dormir un temps soit peu correctement en essayant toutes les positions possibles (toutes inconfortables!). Entourés d'agent de la sécurité aux yeux baladeurs, c'est bien l'endroit où je me serais sentie le moins en sécurité dans ce voyage...

 

L'arrivée à Jakarta fut réellement frustrante notamment à cause des bidonvilles que nous avons longés sur des kilomètres mais aussi du personnel du train qui sentait la corruption à plein nez et probablement aussi parce qu'on nous avait décrit et maintes fois mis en garde contre tout ceci, spécifiquement dans la capitale Indonésienne. Débarqués du train, une seule chose retenait notre esprit : s'éloigner de tous ces regards dérangeants et déjeuner tranquille. Dans le snack où nous nous arrêtons, nous rencontrons Miga, une jeune femme banquière qui nous aidera à passer commande en traduisant de l'indonésien à l'anglais et vice-versa. Un court échange entre nous aura suffit à Miga pour qu'elle se propose de nous trouver un taxi pour rejoindre la station de bus puis l'aéroport afin de nous éviter des encombres liées à la malhonnêteté de certains. Quelle gentillesse ! Montée dans le taxi avec nous, elle paya finalement la course pour nous sans jamais vouloir qu'on lui rende cet argent qu'elle avait dépensé pour nous ! Ce que j'aime dans le voyage, dans la vie, c'est que des rencontres comme celle-ci s'offrent à vous ne serait-ce que l'espace de quelques minutes, laps de temps suffisant pour effacer toutes les autres expériences désagréables !!

 

Pour ce que j'en aurais vu de Jakarta à travers la vitre du taxi, la capitale ne me donna pas l'impression d'être hostile et désagréable. Au contraire, j'y ai même trouvé des aspects intéressants.

Student interview !
Student interview !

Ogoh-Ogoh ceremony en first class !
Ogoh-Ogoh ceremony en first class !

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Commentaires : 1
  • #1

    marie (samedi, 23 mars 2013 20:52)

    je viens de lire le récit de vos dernières aventures, avec la rencontre de ces deux jeunes françaises; un régal de vous suivre ainsi dans vos aventures; prenez soin de vous, et bonne route!!
    bisous de Florac


(du 6 au 10 mars 2013) : Bali, dépaysement brutal

Quel dépaysement ! Partis du monde occidental océanique tout juste 3h avant, autant dire que le laps de temps qui nous était accordé pour nous préparer psychologiquement dans l'avion fut vain. Au courant des chauffeurs de taxi à l'affût des touristes à la sortie de l'aéroport - qui nous en aura mis plein la vue à peine sortis de l'avion avec son style architectural digne d'un temple - nous avons littéralement été surpris et assaillis par une centaine de chauffeurs insistants et potentiellement apte à nous amener où nous voulions. Sous les conseils d'un ami de Clément venu quelques jours plus tôt à Bali, nous recherchions à l'autre bout du parking la compagnie de taxi Blue Bird qui non seulement propose des tarifs intéressants mais dispose également de compteurs afin d'éviter les "tarifs à la tête". Comme des morceaux de viande sur lesquels s'attroupent les rapaces, nous étions coursés à la limite du harcèlement par la moitié des chauffeurs de taxi de l'aéroport nous obligeant à prétexter aller chez des amis pour retrouver un semblant de tranquillité et rejoindre notre destination.

Arrivés à Bali le soir de mon anniversaire, nous avons flâné dans Kuta, ville à priori très touristique après avoir cru négocier notre course jusqu'à l'hôtel où nous avions réservé la veille et finalement payé la course plus cher que ce qu'elle ne valait (on nous avait dit de marchander ou de proposer un prix fixe, c'est ce que nous avons fait mais sans savoir encore la valeur des choses ici, stupid) ! Il faut dire que la monnaie Indonésienne, à savoir la Roupie a une très faible valeur par rapport à l'Euro étant donné que 1€ = 13 000 roupies, il est donc assez troublant de se voir facturer sa chambre d'hôtel 160 000 roupies ou son assiette 30 000 roupies, vous en conviendrez !

 

Pourvues de nombreuses boutiques, assez similaires finalement surtout en ce qui concerne la contrefaçon des marques vestimentaires, la ville ne nous paru pas si touristique que ça mais ce fut bien appréciable d'avoir encore des boutiques et de l'animation en soirée ! Les vendeurs était par contre d'un lourd sans nom et ne nous voyait que comme des porte-monnaies ambulants, rien d'autre et c'est bien dommage. Accueil à la fois chaleureux et désagréable, tel était vraisemblablement le prix du changement tant attendu.

Ceci dit, que pouvais-je rêver de mieux pour mes 22 ans que d’atterrir en Indonésie ? Il s'agit probablement de la seule année où je fêterai mon anniversaire dans un autre pays et surtout si loin, en Asie, à l'autre bout du monde ! Grandiose. Pour fêter ça, nous sommes allés dans un restaurant avec petit concert privé où Clément m'a invité... le repas fut grandiose, surtout après 4 mois et demi de fast food, sandwich et boîtes de conserve !! Quel bonheur de retrouver de la saveur dans les aliments, j'en avais presque perdu le sens du goût... Le cadre était en plus de cela merveilleux : mobilier en bois de bambou, sofa, terrasse surélevée, calme et romantique en fait !

Rassurés de ne pas avoir loué de voiture à Bali étant donné l'anarchie de la conduite qui n'était finalement pas exclusive à la sortie d'aéroport, nous nous déplacions en taxi, oui m'sieurs dames on a les moyens nous... ou pas vraiment mais ça nous amuse de faire comme si ! Sur la route c'est un foutoir digne de ce nom : les klaxons retentissent tellement que si un jour l'on vient à fabriquer des voitures sans klaxon l'Indonésie entière serait en deuil, les voitures doublent à tout bout de champ, se faufilant entre les dizaines de scooters qui affluent de tous les côtés, rouler à contre-sens, se percer un chemin au milieu du trafic, pousser sa chariote-snack sur la route, rien n'est plus « normal » ici... et pourtant cette conduite en apparence bordélique et dangereuse est probablement plus respectueuse et prévoyante qu'en Europe puisque d'un coup de klaxon (ou plusieurs), les automobilistes avertissent en quelque sorte les autres usagers de leur arrivée. Klaxonner avant de doubler veut en fait dire « Ne fais pas d'écart, j'envisage de slalomer entre le camion et les 3 scooters qui arrivent en face, tu es prévenu » !

Partis le lendemain après-midi de Kuta dont la réputation touristique nous semblait injustifiée, nous nous dirigions vers Ubud avec une courte escale à Denpasar la capitale de l'île où il n'y a pourtant rien d'intéressant à voir ou à faire. Plusieurs stops étaient prévus dans la région d'Ubud située près du centre de l'île. Nous nous sommes donc arrêtés à Goa Gajah dont les vestiges de temple et le marché artisanal sont réputés mais finalement pas si différent des autres stands et commerces. Jatiliwuh nous en aura en revanche mis plein la vue avec ses rizières en terrasse d'un vert flamboyant ! Ayant pris une chambre d'hôtel sur place, nous avions notre terrasse privative avec vue sur les rizières dans lesquelles nous nous étions promené (entre deux averses) dans l'après-midi. Rattrapés par le mauvais temps avant d'avoir rejoint l'étable la plus proche où nous nous abritions entre deux rafles, c'est sous la pluie, littéralement trempés et les chaussures pleines de boue, que nous fûmes accueillis sous un abri où des indonésiens installaient leurs provisions et le campement nécessaire à leur journée de travail en rizière. Malgré l'obstacle de la langue étant donné qu'ils ne parlaient pas un mot d'anglais et nous autant d'indonésien, ils nous accueillirent royalement en nous proposant tout ce dont ils disposaient : café, cigarette, biscuit au riz, Sontong (fruit entre la poire et le citron mais non acide)... peut être était-ce pour nous remercier de les divertir en ce jour de pluie puisqu'ils avaient tendance, notamment une des dames et le jeunes garçon, à pouffer de rire dès que nous ouvrions la bouche ! Personnellement, j'ai trouvé ça un peu désagréable, d'autant plus que c'était déjà assez frustrant de ne pas pouvoir communiquer au sens propre du terme, ne serait-ce que pour leur demander les basiques. Cette rencontre aurait été bien plus riche mais hélas nous avons beau dire, le langage c'est la base de toute relation et passer outre est bien difficile pour communiquer. Toutefois, ils trouvèrent les gestes pour nous demander si nous étions mariés ou en couple (on ne sait pas vraiment) et la religion dans laquelle nous croyons. Visiblement deux aspects très importants dans la culture indonésienne puisque plusieurs personnes nous le demanderont par la suite.

En période de fêtes et préparatifs du Nouvel an Hindou, nous eurent la chance de voir une procession traditionnelle après avoir visité 3 temples ruraux aux alentours de Jatiliwuh et bouclé nos sacs pour Lovina, notre prochaine destination. Vêtus de leurs plus beaux costumes traditionnels, hommes, femmes, enfants de tous âge arborent ombrelles, banderoles, panières sur la tête, offrandes et sourires radieux !! Très beau défilé coloré et joyeux à souhait. Nous en aurons vu plusieurs sur notre route pendant 2 jours. A l'occasion du Nyepi (nouvel an à Bali) le 12 mars de cette année, les préparatifs et processions commencèrent aux alentours du 7, dès lors des Ogoh-Ogoh statues aux allures mythologiques symbolisant le mal furent exposées en bord de route en attendant d'être brûlées le soir du Nyepi. Impressionnantes statues de papier mâché, les Ogoh-Ogoh à la peau bleu, rouge ou verte sont réalisés minutieusement, exhibant leurs parties intimes, arborant de longues ongles et des dents acérées et armés qu'il s'agisse de massue, fouet ou épée. La veille du Nyepi la plupart des Balinéens ne travaillent pas pour se consacrer aux cérémonies et processions qui se multiplient dans les rues. Malheureusement nous serons partis avant le jour J...

En chemin vers Lovina, notre sympathique chauffeur de taxi nous arrêta dans une exploitation de café, cacao, thé et épices. On pouvait y voir les plantes en question, les méthodes de fabrication artisanales et déguster un assortiment de thés, cafés et cacao ! Des thés délicieux au gingembre, riz rouge, citron et miel, du vrai cacao et des cafés mélangeant café et cacao (mélange traditionnel appelé Moka), caramel et vanille, ou le Kopi Luwah, café qui a la particularité d'être fait à partir des excréments du Luwak (civette en français), animal entre félin et furet qui consomme la peau de la graine du caféier mais ne digèrent pas le noyau que l'on retrouve dans ses déjections. La fermentation des graines de café dans l'appareil digestif de l'animal apporte une transformation bénéfique qui renforce le goût et l’arôme (vous vous en doutez) ! En raison de son mode de fabrication pour le moins artisanal, ce café se vend sur le marché international à près de 500$ US/kg !! Une tasse de dégustation nous aura coûté 50 000 roupies soit 4€, heureusement le reste était gratuit ! Tout ceci fut divin bien que le café fut trop fort en plus d'être non filtré et plein de marc pour nous qui n'aimons pas ça.

Encore plus touristiques, Lovina et Pemuteran sont réputées pour leurs plages essentiellement. Chargés de nos 20kg et quelques, nous nous accordèrent une pause playa après la dure nuit d'hôtel que nous venions de passer dans une chambre avec lit en baldaquin, coiffeuse, douche recouverte au sol de galets, terrasse privative surplombant la piscine et avec vue sur la mer... Les plages de Pemuteran ont une particularité étrange, à savoir disposer de câbles électriques à faible voltage qui sortent du sable et se jettent dans la mer pour le plus grand bonheur de la faune et la flore qui s'y épanouissent sous leur plus beau jour ! Évidemment aucune charge électrique n'est perceptible et nocif pour le corps humain soyez tranquille vous pourrez vous y baigner ! Ceci dit, cela gâche le paysage de voir des câbles le long des plages. Je n'ai pas trouvé l'endroit plus paradisiaque qu'un autre bien que l'eau était encore plus chaude qu'en Australie !! Nous y aurons toutefois vu des singes gris !

Après avoir malencontreusement embarqué les clés de l'hôtel et inquiets des représailles étant donné qu'ils disposaient de mon n° de passeport, nous sommes retournés les déposer en un aller-retour de 3h avant de partir pour Gilimanuk où nous prendrons le ferry le lendemain pour rejoindre l'île de Java !

Plus de photos ici

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Commentaires : 1
  • #1

    parrain (dimanche, 17 mars 2013 20:41)

    Vos photos sont superbes et les commentaires donnent envie de tout plaquer pour vous rejoindre!


Péripéties aéroportuaires

L'aéroport, quel autre endroit est plus synonyme de voyage, vacances, dépaysement lointain ? C'est toujours un bonheur de prendre le chemin de l'aéroport car bien plus que la fin d'un séjour cela signifie surtout le départ vers une autre destination inconnue. J'en suis toujours toute excitée. Enfin, ça, c'était avant...

 

Avec une minimum d'attente entre chaque vol de 6h, 7 avions et autant de nuits en aéroport en 2 semaines vous comprendrez ce reversement de situation ! D'autant plus que cela ne s'arrête pas là évidemment, notre étourderie pimente et en l'occurrence rallonge tout transit en aéroport. Ajouter à cela la guignasse de Clément en matière de transport aérien et c'est le drame ! Cela nous aura valu en effet quelques mésaventures qui en amuseront certains avides de toutes ces turbulences qui rythme mon quotidien.

 

Avant toute chose rappelons que Clément traîne avec lui un lourd passé de guigné en avion depuis son départ d'Europe où pour son escale à Singapour il est resté coincé plus de 50h à cause d'un souci technique qui persistait malgré plusieurs "réparations" et essais ! Tout est donc de SA faute s'il nous arrive des pépins à chaque embarquement. Merci, je savez que vous rallieriez ma cause :)

 

Pour notre premier vol ensemble à savoir Melbourne-Hobart je crois me souvenir que tout s'était bien passé, hors mis un léger contre-temps avec la réservation de Clément qu'ils n'arrivaient pas à trouver à cause de son nom bourré de caractères dont l'informatique fait une allergie terrible ! Le trajet retour d'Hobart à Melbourne fut déjà d'un niveau supérieur, beaucoup plus chaotique. Pour commencer nous avons été taxé pas moins de $75 chacun pour visiblement ne pas avoir enregistré de bagages en soute, hum ! Si seulement ils étaient plus explicites concernant les bagages lors de l'enregistrement en ligne et ne mettaient pas volontairement un voile flou sur la question ! Soit, c'est raquettés et tout autant écœurés que nous avons appris qu'une tempête au niveau de Melbourne retardait l'arrivée de notre avion d'une demie heure, puis une heure...le problème c'est que nous n'avions que 3h40 de battement avant notre correspondance. Moment de panique. D'autant plus qu'ayant oublié mes lunettes de soleil et mes lentilles à Melbourne, ma copine Bora me les ramenait à l'aéroport en un aller retour et la faire attendre m'inquiétait. Après avoir survolé la ville pendant 30min à cause d'une soit disant tempête dont nous n'aurons même pas vu une goutte, nous avons rejoint terre et eu le temps pendant le déchargement des bagages de voir Bora une dernière fois à travers un grillage (rien de plus frustrant). Dépités par ces complications nous pensions et espérions que "la tempête" ait aussi retardé les vols au départ de Melbourne mais hélas ce n'était pas le cas. Dès réception des bagages se fut la course à la Pékin express avec plus de 25kg sur les épaules !! Au passage, je tire mon chapeau aux participants mais aussi à Clément qui courent quasiment non stop malgré le poids des sac à dos et dieu sait que c'est difficile ! Hélas cet effort ne nous aura pas été récompensé puisque la bonté oubliée de certains personnels de l'aéroport les aura laissé de marbre devant notre demande d'aide...alors que nous avions trouvé la porte d'embarquement avant notre décollage prévu dans les 30 prochaines minutes, ce bougre d'agent de la sécurité préférait nous demander nos billets plutôt que de nous répondre et nous indiquer où nous pouvions les récupérer et enregistrer nos bagages. Pas facile de rester calme dans ces conditions. Finalement des membres d'autres compagnies nous aurons indiqué dans quel recoin se planquait Jetstars et c'est le terme !

Dégoulinant de sueur après cette course effrénée, nous fîmes face à un guichet fermé mais heureusement du personnel Jetstars qui se trouvait encore là et compris notre détresse, nous reprogramma un vol pour le lendemain à la même heure... Pas moins de 24h à l'aéroport nous attendait encore, au détriment hélas de notre séjour en Nouvelle Zélande où l'on se rendait.

 

Après notre trop court passage en Nouvelle Zélande, nous avions une escale de 10h à Sydney, enfin on pensait... Arrivés le 2 mars à 9h du matin, nous étions psychologiquement rodés et prêts à y patienter jusqu'à 19h, heure de notre vol pour Darwin. Étonnamment petit l'aéroport de Sydney était d'un ennui mortel : peu de boutiques, pas d'espaces tranquilles avec vue sur les avions qui embarquent, des accoudoirs sur les sièges nous empêchant de dormir et surtout un wifi payant...tuer le temps fut très dur !! Finalement vite passées, à 17h nous nous acheminions vers l'embarquement mais surprise : notre vol n'était pas annoncé sur le tableau... WTF ?! Inquiets de s'être trompés dans l'horaire et de l'avoir raté alors que nous étions toute la journée là à attendre, un petit réflexe anodin nous vint : vérifier le billet d'avion ! Pratique n'est ce pas ? Ce vol inclus dans notre billet tour du monde n'avait pourtant pas subis de changement récent, bizarre... Eurêka ! De la semoule dans la tête ça n'aide pas à connecter les neurones - si neurones il y a, nous avions tout simplement oublié avoir réservé le vol le moins cher d'Auckland à Sydney. Ajouté indépendamment de notre billet tour du monde, il nous faisait arriver le 2 mars à 9h avant de repartir avec notre vol inclus le 3 à 19h... Cette dure réalité fut atroce. On en rigola car bien entendu il valait mieux ça que l'inverse mais tout de même : 34h dans un aéroport vous imaginez ?? D'autant plus que les adorables banquettes à accoudoirs de l'aéroport de Sydney nous obligèrent à dormir parterre ! Réveillés à deux reprises pour s'être couchés dans un couloir visiblement trop tranquille à leur goût pour être autorisé, surtout que la deuxième fois c'est d'à peine 2 mètres qu'ils nous firent bouger. Au réveil, le couloir était envahi de jeunes backpackers dans le même cas que nous. La nuit (de 22h à 4h) fut courte et bien trop morcelée !

 

6 mars : retour dans la ville de prédilection de Clément, bienvenue à Singapour et happy birthday to me !! Pour mes 22ans j'aurais presque eu autant d'heures d'attentes à l'aéroport de Singapour que de bougies à souffler... Arf. Nous n'y avions pas pensé mais il est également possible de "fêter" son anniversaire en aéroport, si vous avez une bougie et achetez un muffin ! Mais le pied c'est d'être coincé dans le seul aéroport qui propose des massages de pieds gratuits, ça c'est un agréable cadeau qui console ! Les hôtesses n'auront même pas pensé à me souhaiter mon anniversaire, je m'attendais à voir inscrit sur le tableau de bord "Happy Birthday Silvia" mais rien... Heureusement Clément m'aura gâté toute la journée en m'invitant manger mais en plus il m'aura offert un magnifique collier avec le Twist maori symbole de l'infini !

 

Mais voyons le bon côté des choses, ces usines du voyage où les queues ne désamplifient pas, sont pourvues de commodités certaines. Restaurants, wifi, toilettes, douches, banquettes faisant office de lit lorsqu'elles ne sont pas sadiquement morcelées par des accoudoirs, pharmacies, poste, prises électriques très prisées, etc... presque comme à la maison n'est ce pas ?! Non, je n'y crois pas non plus on ne va pas se mentir.

 

On n'aura bien rit mais je ne peux pas cacher être inquiète pour le vol retour Tokyo-Londres avec Clément.... HAHA, we'll see !



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Commentaires : 3
  • #1

    Clément (jeudi, 14 mars 2013 15:54)

    Je porte plainte pour diffamation !!! ;)

  • #2

    parrain (dimanche, 17 mars 2013 20:43)

    Ya peut être un filon à exploiter: le guide du routard des aéroports .

  • #3

    marie (dimanche, 17 mars 2013)

    j'ai bien ri en lisant vos péripéties dans les aéroports; au moins vous pourrez à la fin de votre voyage établir une liste des meilleurs aéroports (confort des banquettes, possibilité d'y dormir, etc, etc!!

    J'attends avec impatience le rapport du vol indonésie - thaïlande, pour savoir si la période de guigne de Clément est finie !!!